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L’ « ELU DU DRAGON 1 »
Les « élites » de notre planète
ont-elles pactisé avec le diable ?
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Un
article de Daniel Robin
- 30 mars 2026 -
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Les
éléments les plus ténébreux de l’« affaire Epstein » révèlent des
agissements dignes des pires films d’horreur.
Les
e-mails, les photos et les vidéos qui constituent le « dossier
Epstein » laissent entrevoir les activités proprement
« sataniques » de nos « élites globalisées » 2
comportant des sortes de « messes noires » où sont perpétrés des
sacrifices humains (principalement des jeunes femmes, des enfants, et même des
bébés ! ).
Les
traditions magiques enseignent qu’un « pacte » avec les forces des
ténèbres implique ces sacrifices humains pour obtenir, pouvoir, argent,
richesses matérielles, fortune, prestige, pouvoir de séduction, position
sociale élevée, etc.
Pour
bénéficier de ces immenses privilèges dans le monde matériel, les « élites
globalisées » de notre planète n’auraient-elles pas signé un pacte avec
Satan ?
Une autre question se pose qui découle de la précédente : certains
représentants de ces « élites » ne serait-ils pas
« possédés » par les « forces du mal » (des entités
démoniaques) comme le fut Hitler qui reconnaissait lui-même n’être qu’un
précurseur de l’Antéchrist ?
Sommaire
1)
La hiérarchie contre-initiatique.
2)
Le « Prince de ce monde ».
3) Les nazis et
l’ésotérisme.
4) Hitler, le
« médium » des forces démoniaques.
5) Les
« médiums » et les entités des « mondes invisibles ».
6) Les « 72 qui mènent le monde ».
7) Les nazis et la CIA.
8) Hitler et l’Antéchrist.
1)
La hiérarchie contre-initiatique.
Pour
comprendre comment les « élites globalisées » de notre planète ont pu
succomber aux « charmes » des forces sataniques, il faut rappeler que
d’un point de vue spirituel il existe deux types opposées de
« hiérarchie ». Ainsi, comme il existe une hiérarchie initiatique
normale, régulière, et spirituelle, il existe une « hiérarchie initiatique »
(le terme « contre-initiatique » serait plus juste) inversée,
irrégulière, anti-spirituelle, anormale et infernale.
De
même, comme il existe des organisations initiatiques traditionnelles normales,
régulières, qui proposent des initiations traditionnelles qui ont pour objectif
la réalisation spirituelle de leurs membres (« initiation
christique » dans l’ésotérisme chrétien par exemple), il existe aussi,
mais en mode inversé, des organisations contre-initiatiques irrégulières qui
proposent des « initiations à rebours » (maléfiques et sataniques)
qui ont pour objectif d’entraîner leurs membres vers des états d’être
infra-humains et infernaux.

Ci-dessus (illustrations symboliques) : En haut, les cercles lumineux des hiérarchies
célestes et angéliques correspondant aux états supra-humains (initiation
traditionnelle et réalisation spirituelle authentique). En bas, les cercles ténébreux des
hiérarchies infernales et démoniaques correspondant aux états infra-humains (contre-initiation
et réalisation spirituelle inversée).
Notons
encore que la « hiérarchie infernale » s’étend du domaine
intermédiaire (forces subtiles, domaine psychique, l’« âme du
monde ») au domaine corporel (et même à l’infra-corporel), et que ceux qui
subissent l’influence de cette « hiérarchie infernale » et qui
relaient son action dans le monde, ne sont que rarement conscients de l’origine
de l’influence qu’ils subissent et de sa nature démoniaque.
En
ce qui concerne les « élite globalisées » qui auraient participé aux
rituels sataniques qui se sont déroulés sur l’île Little
Saint James (îles Vierges des États-Unis) par exemple, dans
le « Zorro Ranch » (Nouveau-Mexique), ou dans d’autres propriétés
appartenant à Jeffrey Epstein, il est peu vraisemblable que les participants à
ces rituels n’aient pas été conscients de leur nature proprement satanique.
Tout indique au contraire (notamment à travers les documents du « dossier
Epstein ») qu’ils savaient exactement ce que ces rituels pouvaient leur
apporter comme pouvoirs et richesses, et ce qu’il fallait
« sacrifier » en échange.
On
peut donc dire qu’il existe une « hiérarchie infernale » occulte
composée de membres actifs (les « élites globalisées » et les
« saints de Satan »), conscients de l’origine et des buts de leur
action, et une « hiérarchie infernale » extérieure
(« profane » si je puis dire) qui agit dans le monde sans être
consciente de l’origine et des buts de son action.
La
« hiérarchie infernale » et les représentants de la
« contre-initiation » qui l’incarnent en ce monde, sont « aussi
totalement et plus irrémédiablement que de simples profanes, ignorants de
l’essentiel, c’est-à-dire de toute vérité d’ordre spirituel et métaphysique
qui, jusque dans ses principes les plus élémentaires, leur est devenue
absolument étrangère depuis que « le ciel a été fermé » pour eux 3 ».
Ne
pouvant plus accéder aux hiérarchies spirituelles et divines, c’est-à-dire aux
états « supra-humains » (« états angéliques »), les
représentants de la « hiérarchie infernale » vont alors suivre une
voie initiatique à rebours (une voie inversée et descendante) qui les conduira
vers les états « infra-humains ». « Dans
l’ésotérisme islamique, il est dit que celui qui se présente à une certaine
« porte » sans y être parvenu par une voie normale et légitime, voit
cette porte se fermer devant lui et est obligé de retourner en arrière, non pas
cependant comme un simple profane, ce qui est désormais impossible, mais comme
sâher (sorcier ou magicien opérant dans le domaine des possibilités
subtiles d’ordre inférieur) 4 ».
Désormais,
nous dit René Guénon, ce sâher va suivre « la voie
« infernale » qui prétend s’opposer à la voie « céleste »
et qui présente en effet les apparences extérieures d’une telle opposition,
bien qu’en définitive celle-ci ne puisse être qu’illusoire ; et comme nous
l’avons déjà dit plus haut à propos de la fausse spiritualité où vont se perdre
certains êtres engagés dans une sorte de « réalisation à rebours »,
cette voie ne peut aboutir finalement qu’à la « désintégration »
totale de l’être conscient et à sa dissolution sans retour 5 ».
La
conclusion à laquelle je suis parvenu est que certains membres des
« élites globalisées » sont ces sâher décrits par René Guénon
et qu’ils se sont consciemment engagés dans une voie de réalisation inversée
qui est proprement une voie de réalisation satanique.

Ci-dessus :
« Les Satan Shoes » (« chaussures sataniques ») du rappeur
Lil Nas X. La société Nike a porté plainte contre la société MSCHF, qui a mis
en vente une édition limitée de 666 baskets « Air Max 97 » modifiées et
commercialisées sur le thème de Satan. La basket est noire avec une croix rouge
sur la languette. Un pentagramme en bronze est accroché aux lacets et, surtout,
une semelle est remplie d’un intriguant liquide rouge d’un volume de
60 centimètres cubes d’encre rouge et une goutte de sang humain (du vrai
sang humain !). Le nombre « 666 » est bien évidemment le « nombre de la Bête » de l’Apocalypse. Le
texte imprimé en rouge en bas de la chaussure, « Luke 10:18 », fait référence
au verset de l’Evangile selon saint Luc : « Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel
comme un éclair. » Je pose la question : au-delà du « coup marketing »
de MSCHF, n’y aurait-il pas une vrai promotion du satanisme ?
2)
Le « Prince de ce monde ».
Au
sommet de la « hiérarchie infernale » se trouve Satan, le
« Prince de ce monde », Prince des ténèbres, l’Esprit du Mal,
l’Ennemi, l’Adversaire, l’Accusateur, le Tentateur, assimilé au Diable et à
Lucifer. L’incarnation de Satan dans le monde est une entité appelée l’Antéchrist.
Les degrés les plus « élevés » (ou
les plus « bas » devrions-nous dire) de la hiérarchie
« contre-initiatique » sont occupés par les « saints de
Satan » (awliyâ esh-Shaytân dans l’Islam) et les faux prophètes,
qui sont en quelque sorte l’inverse des véritables saints (awliyâ er-Rahman)
et des vrais prophètes. « Saints de Satan » et faux
prophètes sont l’expression la plus aboutie d’une « spiritualité à
rebours », c’est-à-dire d’une spiritualité inversée, maléfique.
Nous ne saurions décrire de façon exhaustive
les degrés de la « hiérarchie infernale » occulte qui est
composée d’un très grand nombre de niveaux et de « grades »
correspondant aux multiples états d’être « infra-humains » et
« infra-matériels » (mondes matériels plus denses et moins lumineux
que notre monde), c’est-à-dire situés en-dessous des états humains normaux et
des états supra-humains.
Ce
que nous pouvons en revanche dire, c’est que les « saints de Satan » sont les membres d’organisations plus
ou moins structurées qui peuvent être totalement fermées et inaccessibles aux
« gens ordinaires », c’est-à-dire à tous ceux qui ne se sont pas
engagés dans une voie « initiatique » inversée et démoniaque.
Ces organisations contre-initiatiques sont
comme le reflet inversé des organisations initiatiques régulières et
authentiques (comme les organisations initiatiques de l’ésotérisme chrétien ou
islamique) qui transmettent l’« influence spirituelle » lors des
initiations.
Ci-dessus : A gauche, la
rappeuse Nicki Minaj révèlent sur le réseau social « X » les
pratiques sataniques au sein du milieu du showbiz et plus généralement dans les
milieux du divertissement. Dans ces publications, l’artiste affirme que des
figures majeures de l’industrie musicale seraient impliquées dans des pratiques
occultes, allant jusqu’à évoquer des sacrifices de bébés. Elle affirme que :
« Votre artiste préféré a participé à des rituels au sein d’une secte
satanique où l’on enlève des bébés à l’étranger, qu’on mutile et qu’on tue en
guise de sacrifice sanglant à leur dieu. Voyez-vous, quand on est sous
l’emprise de Satan, on est condamné à verser le sang sans cesse. Mais le pot
aux roses est découvert. »
A droite, le mannequin
transgenre « Piche » (la drag-queen) qui a participé à la
cérémonie d’ouverture des JO de Paris en 2024. Notons le caractère satanique de
la Cène, le dernier repas du Christ avec les apôtres (ci-dessous).
3) Les nazis et
l’ésotérisme.
Rappelons tout d’abord que le
mot « nazisme » est la traduction française de l’allemand Nazismus,
abréviation de l’expression allemande Nationalsozialismus, « national
socialisme ». L’idéologie nazie, mise en pratique par Hitler, est basée sur une hiérarchie au sein de l’espèce humaine qui serait divisée en « races », au sommet de
laquelle elle place la « race aryenne ». « En bas » de cette hiérarchie figurent
les races et les communautés les plus détestées par les nazis,
c’est-à-dire les juifs, les slaves, les tzigans, les homosexuels et les
transgenres, formant une sorte de classe de sous-hommes, les Untermenschen, qu’il faut
exterminer.
Notons à ce propos, que le pédocriminel Epstein (d’origine
juive Ashkénaze), ne se cachait pas d’être, non seulement homophobe,
raciste, sexiste, suprémaciste et eugéniste, mais il était aussi très proche
des milieux de l’extrême droite américaine, des transhumanistes et des
techno-fascistes de la Silicon Valley. Ce prédateur sexuel rêvait d’un monde où
« l’élite globalisée » régnerait sur les « masses
zombifiées », grâce aux algorithmes, à l’Intelligence Artificielle, aux
réseaux sociaux débiles (Tik Tok en tête, Snapchat, Instagram, X, ex-Twitter, etc.) et
aux jeux vidéo. Nous connaissons l’adage latin corruptio optimi pessima
(« la corruption du meilleur est la pire ») qui s’applique tout
particulièrement au « peuple élu » qui est sensé être le
« meilleur » de tous les peuples (Epstein faisait partie de ce
« peuple élu »), et dont les membres doivent vivre selon les sept
lois noachiques données par YHWH à Noé. A défaut d’être un
« élu » de YHWH, Epstein (tout comme Hitler) n’aura été qu’un
« élu du Dragon ».
Souvenons-nous que le terme « nazisme » désigne le régime politique inspiré
de l’idéologie nazie et que cette dernière a engendré une dictature totalitaire, guerrière et expansionniste qui a été dirigée par Hitler de 1933 à 1945, et qui est connue sous les noms de « Troisième Reich » ou « d’Allemagne nazie ».
C’est
certain, il existe ce qu’on peut appeler un « ésotérisme nazi » qui
est bien évidemment un ésotérisme inversé, une parodie et une « image en
négatif » du véritable ésotérisme, c’est-à-dire une version obscure et
ténébreuse de la quête spirituelle authentique et régulière qui s’effectue au
sein d’organisations initiatiques traditionnelles.
C’est
une vérité populaire qui se vérifie aisément : le « Diable fait tout
à l’envers », c’est-à-dire qu’il inverse systématiquement les symboles et
les pratiques de l’initiation véritable. En
ce sens, le nazisme est bien une « quête spirituelle » à rebours,
c’est-à-dire une « quête » qui va vers le « bas », vers les
mondes infernaux et les états infra-humains, en opposition avec la
« quête » spirituelle authentique qui va vers le « haut »
et les hiérarchies célestes (angéliques).
Nous
connaissons les arguments avancés par Louis Pauwels (1920-1997) et Jacques
Bergier (1912-1978) dans leur « livre culte », Le Matin des
magiciens, introduction au réalisme fantastique publié en 1960, qui
établissent de façon incontestable la réalité de l’« ésotérisme
nazi » qui trouve ses racines dans la « hiérarchie infernale ».
4) Hitler, le
« médium » des forces démoniaques.
La
Société Thulé (en allemand Thule-Gesellschaft), fondée
en 1918, redoutable organisation à laquelle appartenait le « magicien noir »,
le « baron » Rudolf von Sebottendorf (1875-1957), a joué un rôle
déterminant dans la formation idéologique du « médium » Adolf Hitler
habité par les « esprits démoniaques ».
La
société Thulé fut en effet l’un des creusets (ce n’était pas le seul) dans
lequel furent forgés les « saint de Satan » nazis, Hitler, les SS,
Rudolf Hess, Alfred Rosenberg, Goebbels, et tous les hauts dignitaires du Parti
national-socialiste des travailleurs allemands, le NSDAP.
Notons
pas ailleurs que la société Thulé allemande était très liée à une société
occulte anglaise, The Hermetic Order of the Golden
Dawn in the Outer (littéralement « L’Ordre hermétique de l’Aube
dorée à l’extérieur »), fondée en 1888 par William Wynn Westcott, et elle
était aussi dominée par un mystérieux « Ordre du Dragon » dont la
manifestation visible remonte à 1418 (le vrai « Dracula », Vlad IV
Tepez surnommé l’« empaleur », était membre de l’Ordre du Dragon).
Hitler, le « médium » possédé
par les forces sataniques !
Nous
ne saurions trop insister sur le fait que la montée du nazisme en Allemagne
entre 1919 (insurrection spartakiste,
traité de Versailles) et 1933 (nomination d’Adolf Hitler au
poste de chancelier), ne peut pas s’expliquer par des causes purement
économiques et sociales et par l’humiliation subie par l’Allemagne après la
défaite de 1914-1918.
Ces explications sont celles qui sont répandues par les
historiens professionnels et les professeurs d’histoire qui ne tiennent aucun
compte de ce que j’appelle la « méta-histoire » ou « histoire
des profondeurs ». Cette
montée du nazisme trouve au contraire son origine dans des organisations
occultes qui ont mis en branle des forces subtiles démoniaques qui ont
littéralement « possédés » Hitler qui avait assurément des capacités
médiumniques hors-normes.
Ces
forces subtiles démoniaques se sont alors servies de lui (nous pouvons même
dire qu’il était possédé par elles) pour se répandre dans le monde et y semer
le chaos.
5) Les
« médiums » et les entités des « mondes invisibles ».
Notons
à ce propos qu’il faut être extrêmement prudent (pour ne pas dire plus)
vis-à-vis des « médiums » qui prétendent être en contact avec des
« entités de l’invisible ».
Dans
la plupart des cas, ces « médiums » ne contrôlent pas leurs facultés
médiumniques, ni les entités avec lesquelles elles communiquent et qui peuvent
être extrêmement négatives. Nous
ne saurions donc trop alerter les personnes qui fréquentes ces
« médiums » qui disent être en contact avec des défunts ou des
personnalités historiques prestigieuses comme Jacques de Molay par exemple.
Ci-dessus :
Je recommande la plus extrême prudence vis-à-vis des « médiums » qui
prétendent être en contact avec des « entités de l’invisible » et qui délivrent des messages venant de « grands maîtres templiers » par
exemple. Dans la plupart des cas, ces « médiums » ne contrôlent pas
leurs facultés médiumniques, ni les entités avec lesquelles elles communiquent.
Par
principe, il ne faut jamais croire ce que vous dit un « médium »,
surtout quand il prétend être en contact avec de prétendues « entités
spirituelles ».
Les
raisons d’une telle prudence sont motivées par le fait que les « entités
de l’invisible » avec lesquelles les « médiums » sont en contact
résident très souvent dans une zone psychique intermédiaire (le monde subtil
des énergies psychiques) proche du monde terrestre, et elles ne sont donc pas
issues des sphères spirituelles supérieures comme elles le prétendent.
Par
ailleurs, ces « entités de l’invisible » sont souvent des parasites
qui se nourrissent de nos émotions et de l’énergie psychique des égrégores
générés par les « médiums » qui croient recevoir des
« enseignements spirituels » et forment des groupes humains plus ou
moins importants.
Ces
égrégores forment de véritables « réservoirs » d’énergie psychique
dont se nourrissent les entités démoniaques.
6) Les « 72 qui
mènent le monde ».
En
ce qui concerne l’histoire occulte du nazisme, je conseille vivement la lecture
du livre de Jean Robin (1946-2024) intitulé « Hitler, l’élu du Dragon »
(Editions de la Maisnie, 1987) qui est, selon moi, l’une des meilleures études
sur ce sujet.
Jean Robin
démontre de façon magistrale que les trois organisations plus ou moins occultes que je viens de citer (la
société Thulé allemande, The Hermetic Order of the
Golden Dawn in the Outer anglaise et
l’Ordre du Dragon) n’étaient en réalité que des émanations relativement
extérieures d’un groupe encore plus fermé qu’il appelle les « 72 ».
Ces
derniers étaient (et sont peut-être encore aujourd’hui) les représentants de la
contre-initiation en cette fin de cycle et les héritiers de la lignée
Sethienne, c’est-à-dire issue du dieu Seth égyptien, frère et meurtrier
d’Osiris, auquel les Grecs donnèrent le nom de Typhon. Seth
est aussi appelé l’« âne rouge » (la « bête écarlate » de
l’Apocalypse), l’une des entités les plus redoutables parmi toutes celles que
devait rencontrer le mort au cours de son voyage d’outre-tombe, ou l’initié au
cours de ses épreuves initiatiques, ce qui est la même chose d’un point de vue
initiatique (l’initiation récapitule les phases de la mort).
L’un
des aspects les plus ténébreux des mystères « typhoniens » était le culte du «
dieu à la tête d’âne », et René Guénon estimait que, sous une forme ou sous une
autre, ce « culte » s’est perpétué jusqu’à nos jours. Il précisait
que certains affirment même qu’il doit durer jusqu’à la fin du cycle actuel,
c’est-à-dire jusqu’à la fin du Kali Yuga.
7) Les nazis et
la CIA.
Le
nazisme ne s’est pas éteint avec la mort de Hitler, le 30
avril 1945, dans le Führerbunker de Berlin. N’oublions pas en
effet que de nombreux savants nazis ont été plutôt bien accueillis par les
américains après la fin de la seconde guerre mondiale.
Plus
de 1 500 scientifiques allemands issus du complexe militaro-industriel de
l’Allemagne nazie ont été récupérés, ainsi que les armes secrètes du IIIe
Reich et leur expérience en matière de « tortures humaines » (et animales) et
autres « expériences scientifiques » monstrueuses perpétrés dans les camps de
la mort.
De
nombreux anciens nazis furent engagés par la CIA et purent ainsi poursuivre
leurs travaux démoniaques (travaux sur le LSD, le programme MK-Ultra, lavage de
cerveau, contrôle du psychisme humain, etc.) avec la bénédiction du
gouvernement américain.
8) Hitler et
l’Antéchrist.
Notons
aussi qu’Hitler ne fut pas l’ « Antéchrist » mais une
« simple préfiguration » (si une telle expression est permise lorsque
nous songeons aux horreurs commises par les nazis) de « Celui qui doit
venir ».
Nous
pouvons dire, en utilisant la terminologie hindou, qu’Hitler fut une sorte d’avatar
partiel de l’archétype anté-christique et qu’il incarna sur terre des forces
démoniaques ayant une capacité de nuisance exceptionnelle.
Mais
selon Guénon, l’entreprise démoniaque du nazisme et de son chef, Hitler,
n’était encore que des « préliminaires » vis-à-vis de ce que sera
capable de faire l’Antéchrist. Nous toucherons alors avec ce dernier, les
abîmes infernales de l’horreur absolue.
En
ce qui concerne les ténébreux mystères Sethiens, nous renvoyons nos lecteurs à
l’étude magistrale de Jean Robin intitulée « Seth le dieu maudit »
(Editions Guy Trédaniel, 1986), étude d’un auteur qui fut
notre guide éclairé dans l’exploration des strates infra-humaines de notre
« monde moderne ».
Par
ailleurs, il y aurait aussi beaucoup de choses à dire sur les liens occultes
qui unissent les mouvements islamistes radicaux issus de l’Islam sunnite et
wahhabite des saoudiens, d’une part, et issus de l’Islam chiite iranien d’autre
part. Entre
l’islamisme radical et le nazisme existent en effet des ressemblances
troublantes.
La principale est la conquête ou l’élimination quasi systémique
des « mécréants » et parmi eux figurent en bonne place les juifs. Là
encore un point commun avec le nazisme. L’islamisme est incontestablement
antisémite.
Au-delà
des affrontements factuels sur le terrain, les deux islamismes radicaux que
nous évoquons n’auraient-ils pas une origine commune : la
contre-initiation et les forces anti-spirituelles qui semblent dominer le monde
aujourd’hui ?
Daniel Robin
Mars 2026
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Note 1 : L’« Elu du dragon » (« Hitler, l’élu du dragon ») est le titre d’un livre passionnant de Jean-Robin (Editions Guy Trédaniel,
1987) dans lequel l’auteur met en lumière les liens qui existaient entre les
sociétés secrètes et le nazisme et les liens avérés entre ce dernier et
l’islamisme radical.
L’« Elu du Dragon » est Adolf Hitler, choisi par
les forces démoniaques pour répandre la haine et le chaos dans le monde au XXe
siècle.
Ci-dessus : A gauche, la couverture du livre de Jean
Robin intitulé « Hitler, l’élu du dragon » (Editions Guy Trédaniel,
1987). A droite, Jean Robin (1946-2024), essayiste, romancier, traducteur, et
fin connaisseur de l’œuvre de René Guénon.
Le livre de Jean
Robin révèle (entre autres) le véritable rôle du «
baron » Rudolf von Sebottendorf, le fondateur islamisant de la fameuse Société
Thulé, auprès de Hitler.
Il nous décrit la réalité historico-mythique
qui se dissimule derrière le mystérieux « Ordre du Dragon Vert » auquel fut
affilié Karl Hausofer, le père de la géopolitique nazie.
Il dévoile aussi l’identité des fameux « Soixante-Douze » qui furent évoqués par le ministre allemand des
Affaires étrangères, Walther Rathenau, le 24 juin 1922 alors qu’il agonisait
suite à un attentat contre lui. Ses ultimes paroles furent : « les
soixante-Douze qui mènent le monde ... ».
Hitler aurait déclaré à
son cercle d’intimes : « Je sais que je ne suis pas Celui qui doit venir ». De qui
donc le Führer, possédé et marionnette des forces sataniques, fut-il le
précurseur ?
Note 2 : Les
« élites globalisées » ou « élites internationalisées ».
La fin du XIXe
siècle et tout le XXe siècle, ont été marqués par des progrès
scientifiques et techniques rapides et très importants. Tout le monde s’accorde
pour dire que c’est une bonne chose. Cela a été perçu comme un progrès de la
civilisation et des sociétés humaines.
Globalement, les conditions de vie se
sont améliorées et l’espérance de vie a augmentée. La richesse des pays a été
en croissance constante malgré les deux guerres mondiales du XXe
siècle (1914/1918 et 1939/1945) et la course aux armes atomiques des Etats-Unis
et de l’URSS qui s’en est suivie.
Cependant,
parallèlement à ces productions de richesses matérielles issues de la science,
de la technique et de l’industrie, une classe dirigeante très riche s’est
emparée du pouvoir. Elle a imposé ses standards de vie à toute la Terre :
recherche immodéré des profits et de l’enrichissement personnel, compétition
entre les individus, mépris de la dignité humaine, exploitation de ses
semblables, exploitation dérégulée des ressources naturelles, mépris des
équilibres naturels et des espèces animales, consumérisme, matérialisme,
individualisme exacerbé, etc.
Cette classe
dirigeante des riches est devenue une sorte d’« élite » (ce que
j’appelle « l’élite globalisée ») qui est devenue le
« modèle » et le standard de la réussite dans la vie. C’est en somme
« ce qu’il faut devenir » pour être heureux et reconnu dans le monde,
c’est-à-dire « avoir sa place ». La réussite s’évalue à l’aune de la
richesse personnelle qui est avant tout une richesse matérielle et financière.
Pour faire partie de cette prétendue « élite », il faut montrer qu’on
est capable de bâtir sa fortune et d’accumuler des biens matériels (maisons,
villas de luxe, châteaux, voitures de luxe, yachts, jets privés, bijoux, etc.).
Déjà, en 1996, Jacques Attali
rêvait d’une « révolution culturelle » susceptible de
favoriser l’émergence d’une « surclasse européenne ». Cette nouvelle
« élite » admettrait les postulats suivants : « L’acceptation du neuf
comme une bonne nouvelle, de la précarité comme une valeur, de l’instabilité
comme une urgence et du métissage comme une richesse ». Ce qui permettrait,
selon lui, l’essor de « tribus de nomades sans
cesse adaptables, libérant mille énergies et porteuses de solidarités
originales ».
Cette « élite » n’aurait plus
d’ancrage national (sans patrie), plus de traditions liées à un pays, plus de
religion, plus tradition spirituelle et initiatique. Elle serait
perpétuellement nomade, mais ses représentants se réuniraient régulièrement et
secrètement dans des « paradis » (fiscaux ou pas) inconnus du
public.
Note 3 : René Guénon, Le
Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éditions Gallimard, 1945,
renouvelé en 1972.
Note 4 : René Guénon, Le
Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éditions Gallimard, 1945,
renouvelé en 1972.
Note 5 : René Guénon, Le
Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éditions Gallimard, 1945,
renouvelé en 1972.
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Apocalypse
programmée
Quand
les idéologues de la Big Tech veulent prendre
le
pouvoir et changer le monde
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Un
article de Daniel Robin
- 11 mars 2026 -
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C’est au sein de
la Silicon Valley, devenue le creuset de toutes les révolutions
technologiques qui façonnent notre monde, qu’est née une idéologie mortifère
qui veut imposer sa « vision » - qui est une véritable
« religion » - de la civilisation, de l’homme et de la technologie.
Mêlant habilement les technologies numériques les plus sophistiquées et les
concepts relevant d’une terminologie sortie tout droit du Moyen Age comme ceux
d’Apocalypse, d’oracles, d’Antéchrist, de « 666 », et même d’Armageddon,
cette « techno-mystique » (une mystique à rebours en réalité) veut
inverser les rapports normaux qui devraient exister entre l’homme et la
technologie.
Un puissant groupe de nerds 1 croit en effet que
la technologie nous surpassera (notamment à travers l’Intelligence
Artificielle) et même qu’à terme, les hommes disparaîtront, ou – ultime étape
de cette domination des « machines » – les hommes se fondront
totalement en elles.
Le constat de notre enquête est alarmant : les
« geek » de la Big Tech semblent vouloir dérouler le plan d’une
« apocalypse programmée » où se mêlent un populisme décomplexé et un
accélérationnisme 2 technologique totalement débridé.
Sommaire
1) Les
techno-fascistes et le complexe militaro-numérique.
2) Le
« pacte » entre la Big Tech et les militaires.
3) Palantir
et le « mage noir ».
4) Peter Thiel
et l’Antéchrist.
5) Démocratie,
milliardaires et ingénierie sociale.
6) Les big
data au service d’une « techno-dictature ».
1) Les
techno-fascistes et le complexe militaro-numérique.
Dans
un ouvrage d’une lucidité remarquable, intitulé « Apocalypse Nerds, Comment
les techno-fascistes ont pris le pouvoir » 3, Nastasia
Hadjadji et Olivier Tesquet définissent le techno-fascisme comme un processus
de contre-révolution réactionnaire et fasciste qui mobilise les outils et les
infrastructures de la Tech pour combattre et démanteler les institutions de la
« modernité politique » (les démocraties libérales). Pour ces auteurs,
le techno-fascisme instaure une dialectique entre la modernité technologique et
la modernité politique. Son action politique passe par ses infrastructures
numériques (data center, infrastructures d’Internet), ses réseaux, ses
algorithmes, et il est porté par des figures de pouvoir que sont les
milliardaires de la Tech comme Peter
Thiel, Elon Musk, Sam Altman, Larry
Ellison (ancien CEO d’Orcacle),
ou les « venture capital » (capital-risqueurs) comme Marc
Andreessen, (co-fondateur de Nescape), ou encore par des théoriciens et
idéologues comme Curtis Yarvin (blogger anarcho-capitaliste) ou Nick Land, blogger et écrivain britannique connu pour ses nouvelles d’horreur et
sa théorie baptisée « accélérationnisme ». Leur point commun est
qu’ils sont tous convaincus que la démocratie est obsolète et que la
technologie est plus fiable que les institutions humaines, et plus vite la
technologie remplacera la démocratie et mieux cela sera. En dehors de la
technologie et de son dernier avatar, l’IA, point de salut.
Les
représentants du techno-fascisme ne s’en cachent pas : ils sont résolument
contre les démocraties libérales et l’Etat (l’état-nation, les institutions
étatiques, les administrations, etc.) qu’ils jugent parasites et totalement
dépassées. Pour eux, l’état-nation est une forme d’organisation de la société
qui est nuisible et qui doit donc être éliminée. Mais attention, dans l’esprit
des techno-fascistes ce n’est pas n’importe quel « état » qui doit
être réduit au strict minimum ou éradiqué : ils sont contre l’état-social,
l’état-providence, l’état redistributif et les politiques publiques de
redistribution (les systèmes de santé publique, la protection et l’aide
sociales, la justice, etc.).
Souvenons-nous qu’Elon Musk, qui affiche publiquement ses idées libertariennes et
techno-solutionnistes, s’est vu offrir la direction du « département de
l’Efficacité gouvernementale » (DoGE pour Department of Government Efficiency) dédié à l’allégement des dépenses publiques.
Pour le dirigeant de Tesla et SpaceX, l’Etat, c’est-à-dire l’administration et
les services publiques, devraient être réduit à un rôle minimal, voire, selon
certains courants libertariens, disparaître totalement au profit d’un système
autonome basé uniquement sur le marché et les initiatives privées. Le modèle
proposé par Elon Musk reflète un changement radical dans les rapports entre les
acteurs économiques, dans lequel les firmes multinationales prennent le relais
des états-nations comme principaux acteurs du commerce international et
l’organisation sociale. Selon lui, un pays devrait être géré comme une entreprise privée, et
celui qui dirigerait ce pays ne serait pas un homme politique élu
démocratiquement, mais un CEO (chief executive office) tout puissant,
reconnu pour ses compétences de manager et ses résultats financiers.
Mais il y a plus inquiétant encore : Elon
Musk ne se contente pas d’être un chef d’entreprise innovant aux méthodes de
management brutales, il est surtout l’un de ceux qui veulent créer un monde et
un homme « nouveaux », c’est-à-dire réaliser un programme politique
largement inspiré du fascisme et même des théories nazies.
Rappelons-nous son geste (un salut nazi), deux fois exécuté avec fermeté et
conviction, lors d’un
meeting à Washington. Le signal envoyé au public était clair : « sous
sommes de retour, nous sommes dans la place et nous avons le pouvoir, nous
allons changer le monde ». Son
geste s’adressait à tous ceux qui partagent ses convictions, c’est-à-dire à
tous ceux qui soutiennent l’extrême-droite fasciste américaine : David
Duke, antisémite et suprémaciste blanc qui fut à la tête des Knights
of the Ku Klux Klan, Richard B. Spencer, conservateur,
ethno-centriste et ethno-différentialiste blanc, Mark Robinson, qui se qualifie
lui-même de « black nazi » (« nazi noir »), Rocky
Joe Suhayda adhérent au « Parti nazi américain » (American Nazi Party ou ANP), Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, une
figure de l’extrême droite américaine qui a fait lui aussi un salut nazi lors
de son discours à la Conservative Political Action Conférence, le
Jeudi
20 février 2025.
C’est
évident : l’accession de Donald Trump à la présidence des Etats-unis a
marqué une sorte de rupture au sein du pouvoir exécutif américain et
l’avènement – ou plus exactement le « retour » – des plus sombres
idéologies qui semblaient définitivement enterrées avec le XXe
siècle. Les fondements de ces idéologies sont connus : populisme, foi
aveugle en la technologie, mépris de la démocratie et de l’équité sociale,
inégalitarisme, racisme, élistisme (la caste des « seigneurs » ou
l’« Homo Deus » de Yuval Noah Harari).
Les Etats-Unis ont changé de
« logiciel » politique et se sont résolument tournés vers une
radicalité violente, sûre de sa puissance qui repose sur les technologies
numériques, l’IA, et le complexe militaro-industriel (ou complexe
militaro-numérique).
Nous comprenons mieux pourquoi Trump et son entourage
immédiat à la Maison Blanche font les yeux doux à Poutine et ne sont pas
pressés d’aider les Ukrainiens qui veulent adhérer à l’Europe démocratique.
Trump et Poutine fonctionnent selon le même logiciel politique : mettre en
place un « pourvoir fort » dirigé par un « homme fort » et
réduire à néant les démocraties occidentales.
Notons cependant que cela
n’empêche pas l’armée américaine de tester de nouvelles armes et de nouvelles
technologies sur le sol Ukrainien et faire de la guerre contre Poutine un
laboratoire de R&D militaire dans des « conditions réelles »,
notamment à travers la société Palantír Technologies de Peter Thiel. L’exécutif
américain se moque de prendre des positions contradictoires, de dire un jour
une chose et son contraire le lendemain, de manier les paradoxes, la vulgarité,
l’insulte, ou de se contredire lui-même sans complexe, car seul compte les
résultats obtenus par tous les moyens.
Ci-dessus :
Aux premières heures du second mandat de Donald Trump à la présidence des
Etats-Unis (qui a prêté serment lundi 20 janvier 2025), Elon Musk, au cours
d’un meeting à Washington, a par deux fois effectué un salut « fasciste » et/ou
« nazi ». Selon
des historiens spécialistes du nazisme, le message est
clair : « Il s’agit véritablement d’un signal envoyé à une base
radicalisée à qui l’on dit : « Nous sommes dans la place et nous sommes là
pour changer les choses dans un sens qui est le vôtre » », explique
Johann Chapoutot, historien spécialiste du nazisme. Nous savons par ailleurs
que Donald Trump a été largement soutenu par certaines mouvances néonazies aux
Etats-Unis. Les représentants de ces mouvances néonazies se sont même félicités
du geste d’Elon Musk.
2) Le
« pacte » entre la Big Tech et les militaires.
Si
pour les techno-fascistes
l’ennemi à abattre est l’état-social redistributif, leur « chouchou »
si je puis dire, c’est l’état-défense, le ministère des armées,
l’état-militaire et l’état-répressif, avec lequel ils passent des contrats
juteux. En juin 2025 par exemple, le Pentagone a attribué des contrats pouvant
atteindre 200 millions de dollars à Google, OpenAI, Anthropic et xAI
pour développer leurs capacités d’innovations dans les domaines de la défense
et de la surveillance. Autre exemple : Microsoft a signé des contrats pour
près de 480 millions de dollars afin de fournir des versions militarisées de
son casque HoloLens, intégrant réalité augmentée et ciblage numérique pour
l’entraînement et le combat. Au cœur de cette alliance entre le Pentagone et la
Big Tech de la Silicon Valley se trouvent des
innovations qui transforment radicalement les systèmes d’armes et les
stratégies militaires : Intelligence Artificielle, drones autonomes,
cyber-guerre et réseaux avancés de commandement.
Sous
des dehors « cool », n’oublions pas que toutes les entreprises de la
Tech sont nées dans le giron du complexe militaro-industriel américain qui est
devenu le complexe militaro-numérique aujourd’hui. C’est en effet le complexe militaro-industriel qui a contribué au décollage de la Silicon
Valley à partir des années 1950-1960.
La DARPA (Defense Advanced
Research Projects Agency) a largement contribué au développement du réseau
Internet, avec ARPANET et le protocole TCP/IP, qui permettent aujourd’hui à des
milliards de personnes de naviguer sur le Web ou d’envoyer des e-mails. On voit
que l’idéologie des techno-fascistes ne recule devant aucun paradoxe, ni
devant aucune contradiction : ennemis jurés des états-nations, ces
farouches libertariens pour qui rien ne vaut plus que la liberté individuelle
et « l’individu souverain », empochent volontiers les millions de
dollars (qui viennent des citoyens-contribuables) de ces même états-nations
quand il s’agit de leurs intérêts. Sous la présidence de Donald Trump, Google,
Meta, OpenAI ou encore Microsoft s’engagent désormais ouvertement aux côtés de
l’armée américaine et des industriels de la défense. La Silicon
Valley est en passe de devenir la Silicon Army.
3) Palantir
et le « mage noir ».
Dans
l’œuvre de John Ronald Reuel Tolkien, ou J. R. R. Tolkien
(1892-1973), intitulée Le Seigneur des anneaux, publiée en trois
volumes entre 1954 et 1955, il est question d’une mystérieuse pierre sphérique
appelée palantir, ou palantiri au pluriel. Les palantíri,
parfois traduits par « pierres clairvoyantes » ou « pierres de
vision », sont des pierres qui permettent une communication mentale
directe entre leurs utilisateurs. Elles donnent le pouvoir – à ceux qui y sont
autorisés – de voir à distance, d’observer les contrées lointaines de la Terre
du Milieu et de dévoiler les plans de ses éventuels ennemis. Extérieurement,
un palantír a l’apparence d’une sphère parfaite sombre faite d’une
matière transparente (verre fumé ou cristal d’un noir profond). Ces sphères
sont incassables et ne peuvent pas être fondues ou brûlées. Les palantíri ne
peuvent pas transmettre de sons.
Dans son essai intitulé Contes et légendes
inachevées 4, J. R. R. Tolkien en
donne la description suivante : « Elles étaient parfaitement
sphériques, paraissant au repos avoir été façonnées dans un seul bloc de verre
ou de cristal d’un noir opaque. Les plus petites avaient environ un pied de
diamètre (30 cm environ), mais il y en avait de beaucoup plus grosses, et
c’était le cas, très certainement, des Pierre d’Osgiliath et d’Amon Sûl. »
Les palantíri ont été conçus et fabriqués par les Noldor (singulier
Noldo), connus aussi sous le nom de « Hauts Elfes », d’« Elfes
Profonds » ou « Elfes Sages ». Seulement sept palantíri
sont connus et placés dans des Tours bien gardées sur la Terre du Milieu.
Ci-dessus : Dans le « Seigneur des Anneaux », l’un des
utilisateur d’un palantír ou « pierre de vision » sphérique, est Saruman, un puissant magicien,
qui initialement tourné vers les « forces du bien » devient peu à peu
le serviteur de Sauron, le Seigneur des ténèbres. Pendant de nombreuses années
Saruman utilisa sa « pierre de vision » mais il se retrouva
progressivement piégé et corrompu par Sauron et il succomba à la tentation de
s’approprier l’un des Anneaux de Pouvoir.
4) Peter Thiel
et l’Antéchrist.
Mais
palantír ce n’est pas seulement un « outil de communication »
conçu et fabriqué par les Elfes sages et initiés du Seigneur des Anneaux
qui sont, remarquons-le, des êtres avancés spirituellement, c’est aussi une
entreprise de la Big Tech dont l’un des fondateurs est le
« sulfureux » Peter Thiel, grand fan de J.R.R. Tolkien par ailleurs.
Et ce n’est certainement pas un hasard si Peter a donné le nom de palantír
à son entreprise.
Un détail doit être signalé et il a son importance :
l’un de ceux qui utilisent un palantír dans l’œuvre de J. R. R. Tolkien est Saruman, un Mage et un puissant
magicien, qui initialement représentant des « forces du bien »
devient peu à peu le serviteur de Sauron, le Seigneur des ténèbres. En effet,
pendant de nombreuses années Saruman utilisa sa « pierre de vision »
et se retrouva progressivement piégé et corrompu par Sauron. Il succomba
finalement à la tentation de s’approprier l’un des Anneaux de Pouvoir et devint
un « mage noir ».
Comme la
« pierre de vision » du Seigneur des Anneaux,
l’entreprise Palantír Technologies permet de « voir loin », surveille
les individus et les nations, dévoile les plans de ceux qu’elle
considère comme ses éventuels « ennemis », et contrôle l’information au niveau mondial.
Ci-dessus : Peter
Thiel est la figure de la Big Tech la plus influente et la plus
importante aux Etats-Unis, bien plus qu’Elon Musk, même s’il est beaucoup moins
riche que lui. Après avoir bâti sa fortune en tant que cofondateur
de PayPal, il a investi dans Facebook, dont il fut le premier investisseur
extérieur, ainsi que dans SpaceX, OpenAI et d’autres entreprises de la Tech via
sa société d’investissement, Founders Fund. Il est cofondateur de Palantir qui
a décroché des contrats gouvernementaux de plusieurs milliards de dollars pour
la création de logiciels destinés au Pentagone, à l’ICE (Immigration and Customs
Enforcement) et au NHS (National Health Service) britannique. Aujourd’hui,
bénéficiant d’une notoriété et d’une influence politique sans précédent, le
milliardaire diffuse son message sur l’Antéchrist et l’Armageddon.
Certaines questions mérites alors d’être posées : Peter Thiel, l’un
des créateurs de Palantír Technologies, ne serait-il pas devenu le serviteur de
Sauron, une figure du diable et de l’enfer ? Palantír Technologies ne
serait-elle pas devenue l’œil de Sauron – « l’œil qui voit tout » –
qui surveille le monde, c’est-à-dire une entreprise proprement
« démoniaque » et « satanique » ? Si nous prenons Gotham
par exemple, l’un des deux principaux logiciels 5 commercialisés par Palantír
Technologies, son fonctionnement est simple sur le papier, mais terrifiant en
pratique.
Imaginez un « aspirateur » géant capable d’ingérer
n’importe quel type de données : images satellites, déplacements des individus
et des véhicules, fiches de police, rapports d’interrogatoires de police, mails
privés, fichiers textes, publications et conversations sur les réseaux sociaux,
renseignements fiscaux, dossiers de santé, plaques d’immatriculation, relevés
bancaires, etc. Gotham est capable de fusionner toutes ces informations
pour créer une sorte de « jumeau numérique » du monde réel et s’en
servir pour vous surveiller, vous espionner, et même vous traquer si vous êtes
considérés comme un individu « suspect ». Le logiciel
permet de naviguer dans des masses monstrueuses de données privées avec une
fluidité déconcertante.
Par ailleurs, ce
n’est peut-être pas sans raison que Peter Thiel entretien l’ambiguïté lorsqu’il
donne des conférences à San Francisco (du 15 septembre au 6 octobre 2025) sur
le thème de l’Antéchrist aussi désigné par le « 666 » 6
(la « Bête de l’Apocalypse »), et l’imminence de l’Armageddon 7.
Depuis des années, l’Antéchrist et la fin du monde sont des thèmes qui obsèdent
Peter Thiel. Au point où l’on se demande s’il ne serait pas justement l’un des
acteurs de cette « apocalypse programmée » qu’il appellerait de ses
vœux ?
Mais l’« apocalypse programmée » de Thiel n’est pas une
« fin du monde » catastrophique et cataclysmique comme celle qui est
décrite dans la Bible. Ce n’est pas un chaos terminal et final où tout est réduit
en cendre, mais c’est plutôt une sorte d’« apocalypse graduelle »
conçue comme une refonte totale et progressive de la civilisation humaine (de
l’intérieur) et l’avènement d’un Nouvel Ordre Mondial basé sur la toute
puissance des technologies numériques et de l’IA. Mais, curieusement, au lieu
d’être orchestrée et suscitée par l’Antéchrist, comme il est dit dans les
Ecritures, l’« apocalypse graduelle » de Peter Thiel serait l’ennemi
de cet Antéchrist pressé.
Notons que l’ambiguïté que Thiel laisse planer sur la figure
de l’Antéchrist et le « timing » de l’Apocalypse est caractéristique
de ces idéologues de la Tech qui utilisent les différents courants idéologiques
de l’extrême droite comme des sortes de « morceaux de code » qu’ils
tentent ensuite d’assembler pour faire un « programme » politique
complet. Au final, le résultat est plutôt embrouillé pour ne pas dire
fumeux.
Pour Peter Thiel,
l’Antéchrist est un imposteur qui chercherait à s’emparer du pouvoir sous le
couvert d’un message de « paix » et de
« sécurité ». Il utiliserait la peur du changement climatique,
la peur de l’Intelligence Artificielle et de la troisième guerre mondiale pour
promouvoir l’avènement d’un « gouvernement
mondial » qui est la hantise des libertariens et des
techno-fascistes hostiles à toute réglementation étatique.
Dans ses
interventions, le terme « Antéchrist » est synonyme d’« État
mondial », et il estime que les instances internationales comme les Nations
Unies et la Cour pénale internationale (CPI), précipitent l’avènement de
l’Armageddon (la bataille finale).
Dans ses conférences de San Francisco, Peter Thiel examine et propose
des candidats possibles qui seraient capables de « jouer » le rôle de
l’Antéchrist aujourd’hui. Il pourrait s’agir de la militante écologiste, Greta
Thunberg, qui est une « bonne candidate » pour être l’Antéchrist
selon lui. Il cite d’autres noms comme Eliezer
Yudkowsky qui pense que le développement de l’IA pourrait signer la fin de
l’humanité, Nick Bostrom, qui dans son livre Superintelligence :
chemins, dangers, stratégies (Oxford University
Press, 2016), expose les risques existenciels liés à l’apparition d’une
superintelligence, ou encore Bill Gates,
le « philanthrope » et cofondateur de Microsoft, qui figure en bonne
place sur la liste des personnes que Thiel n’apprécie pas et qui pourraient
être l’Antéchrist.
Voici d'ailleurs ce qu’il disait de Bill
Gates lors de l’une de ses conférences : « Un de mes
amis me disait que je ne devais pas laisser passer l’occasion de dire à ces
gens de San Francisco que Bill Gates est l’Antéchrist. Je reconnais qu’il est
un personnage à la Dr Jekyll et Mr Hyde. Le Monsieur Rogers du public, le
gentil garçon du quartier. J’ai vu la version Mr Hyde il y a environ un
an : c’était un déchaînement incessant, un véritable syndrome de Gilles de La
Tourette, des cris d’insultes, presque incompréhensible. » Mais plus loin il se ravise : « Je ne
pense pas que quelqu’un comme Bill Gates, que je considère comme une personne
absolument horrible, puisse être l’Antéchrist. » Peter Thiel pense que
l’Antéchrist pourrait être à l’origine de l’Armageddon, la bataille finale.
Pour Thiel, la
figure biblique de l’Antéchrist ne correspond pas à celle d’un génie maléfique
de la Tech, mais plutôt à quelqu’un qui mettrait sans cesse en garde contre les
menaces existentielles posées par l’IA et qui réclamerait une réglementation
stricte de tous les secteurs innovants. Il n’hésite pas à dire qu’au « XXIe siècle, l’Antéchrist est un
luddite 8 qui
veut arrêter toute science »,
faisant référence au mouvement luddite, c'est-à-dire aux révoltes anti-technologique du
début XIXe qui sabotaient les métiers à tisser en Angleterre, prélude de la
révolution industrielle.
Pour le
milliardaire, cofondateur de la plus puissante société de captage et d’analyse
de données en temps réel, les régulations financières actuelles sont les signes
incontestables qu’un gouvernement mondial est en train de se mettre en place et qu’il
pourrait être dirigé par une figure « démoniaque » comme celle de
l’Antéchrist.
Pour Peter Thiel, et pour de nombreux idéologues proches de
Trump, derrière la révolution de l’IA, ce n’est rien de moins que le salut de
l’humanité qui se joue et tous ceux qui tenteraient d’entraver cette révolution
seraient des dévots du « diable ». En cela, il s’inspire d’un large éventail de penseurs religieux,
parmi lesquels le théoricien du « désir mimétique », René Girard
(1923-2015), qu’il a connu à l’université de Stanford, et le juriste nazi Carl
Schmitt, dont l’œuvre, selon lui, a contribué à forger le cœur de ses propres
convictions.
Thiel affirme sans sourciller que les institutions financières
internationales qui entravent la dissimulation du patrimoine des milliardaires
dans les paradis fiscaux, sont un signe que l’Antéchrist est en train
d’accroître son pouvoir et d’accélérer l’Armageddon, car selon ses propres
termes : « Il est devenu très difficile aujourd’hui de cacher son
argent » ! Il pense sérieusement que les milliardaires
« vertueux » de la Tech sont les victimes d’un Antéchrist pointilleux
qui respecte trop les règles et qui les empêchent de dissimuler au fisc leurs
richesses « honnêtement » acquises. Les déclarations de Thiel prêteraient à sourire si elles ne dissimulaient pas un cynisme monstrueux.
5) Démocratie,
milliardaires et ingénierie sociale.
Il suffit de voir comment se déroulent les élections
aux Etats-Unis, pays cité comment étant le modèle de la démocratie dans le
monde, pour aussitôt comprendre que le pouvoir du peuple (la démocratie) n’est
qu’une pure illusion.
Dans ce pays, la règle est que le candidat qui dépense le
plus de dollars pour sa campagne est celui qui a le plus de chances de
remporter l’élection. Les candidats à l’élection présidentielle par exemple
consacrent plus de temps (plus de 70% dans certains cas) pour réunir les fonds
nécessaires à leur campagne qu’ils ne passent de temps auprès de leurs
électeurs. Depuis quinze ans, les fonds nécessaires au financement des
campagnes des candidas se sont envolés. En 2008, Barack Obama avait déjà fait
exploser les budgets alloués aux candidats avec une campagne chiffrée à plus de
750 millions de dollars, uniquement construite sur fonds privés. La
présidentielle de 2020, qui avait couronné le « démocrate » Joe
Biden contre le sortant Donald Trump, a battu tous les records avec un total, tous candidats confondus, de plus de
10 milliards de dollars. En 2024, le coût de la campagne des candidats qui
précéda les élections est estimé à 16 milliards de dollars.
Une conclusion
s’impose : seuls les ultra-riches peuvent financer une campagne électorale
aux Etats-Unis !
Les
agences spécialisées dans la communication et le marketing se sont rapidement
développées dans la seconde moitié du XXe siècle. Elles utilisent
aujourd’hui des outils statistiques très sophistiqués pour analyser les
tendances de l’opinion publique en se basant sur des sondages. Elles proposent
ensuite des conseils en stratégie de communication pour leurs clients qui
peuvent être des entreprises ou des hommes politiques. Avec le développement
des médias audiovisuels, il est devenu nécessaire de fabriquer une
« image » et un « avatar » numérique, qui peuvent être très
éloignés de la personnalité réelle du candidat qui se présente à une élection
présidentielle par exemple.
L’image publique numérique artificielle devient
ainsi l’élément central d’une stratégie de communication des politiciens. Ainsi
le peuple n’a accès qu’à une représentation médiatique (une
« image ») créée de toutes pièces par des spécialistes en
communication. Une bataille d’« images » se déroule donc sous nos
yeux en permanence lors d’une campagne électorale. Dans ce contexte, les
citoyens des prétendues « démocraties » sont plutôt mal armés pour percer
à jour ce « théâtre d’ombres » sans consistance et la majorité des
individus se contente de regarder passivement cette politique-spectacle sans
toujours bien comprendre les programmes des candidats et ce qu’ils feront pour
eux lorsqu’ils seront au pouvoir.
La démocratie ne serait-elle qu'une pure illusion ?
6) Les big data au service d’une « techno-dictature ».
Ce n’est pas pour rien que nous assistons à une
montée des « populismes » (terme formé du radical latin
« populus » qui signifie « peuple », et du suffixe
« isme ») qui sont des variantes de l’« idée
démocratique », mais fondamentalement perverses et dévoyées quant à leurs
méthodes et leurs objectifs réels. En effet, le populisme est une instrumentalisation de l’opinion du peuple par des partis
et des personnalités politiques qui prétendent être les porte-paroles de ce
même peuple alors qu’ils appartiennent le plus souvent aux « élites »
politiques et financières. Le cas du milliardaire Donald Trump par exemple, est
un « cas d’école » si je puis dire (sa fortune, en 2024, est estimée
à 4,3 milliards de dollars).
Nous voyons, et pas seulement en Occident d’ailleurs
mais aussi en Chine par exemple, l’union improbable entre le populisme (le
communisme en Chine) d’un côté, et les méthodes d’une techno-dictature au
service d’une « élite » qui méprise le peuple, d’un autre côté.
Etrange « couple » en vérité qui a créé une sorte d’« hydre à
deux têtes » dont les modes d’actions reposent sur le mensonge et la
manipulation. Pour cette « hydre », le peuple n’est qu’une « masse informe »
et malléable dont les mouvements (révoltes, grèves, destructions de biens
publiques, votes aux élections, etc.) peuvent être guidés que par des experts
en communication et par des spécialistes de l’ingénierie sociale qui sont les
« gourous » des temps modernes. Ce n’est pas le peuple qui déciderait
de qui serait élu, mais ce seraient les « gourous de la
communication » qui manipulent ce peuple.
Le constat est alarmant :
le populisme peut se transformer en fascisme !
Les principes de base du populisme sont assez simples dans le fond :
faire entendre la voix du « peuple » considéré comme une entité à
part entière unie et solidaire (le peuple-Un), et cette voix du peuple-Un
s’oppose (en apparence) aux « élites » considérées comme corrompues
et dépravées. Dans le populisme, seul le peuple serait souverain, du moins
c’est ce que cherchent à faire croire les leaders politiques à la tête des
partis populistes.
Aujourd’hui, on parle même de
« techno-populisme », c’est-à-dire d’une forme de populisme qui est
exploitée par des professionnels du marketing électronique et autres experts en
big data qui maîtrisent les algorithmes et les logiciels analysant les
flux des réseaux sociaux.
Qu’il soit de gauche ou de droite, le populisme
dissimule toujours une forme de dictature politique car il est toujours situé
aux extrêmes des tendances du « spectre » politique. Les partis
d’extrême droite par exemple sont populistes dans leur dimension identitaire.
Ils rejettent tout ce qui irait à l’encontre des intérêts du peuple au sens
large et de tout ce qui viendrait de l’extérieur. Dans le cas des partis de
gauche, la perspective est plutôt marxiste. C’est-à-dire qu’elle oppose les
classes laborieuses aux « élites » capitalistes.
Ci-dessus :
L’étrange poignée de main entre Peter Thiel et Donald Trump lors d’une
rencontre, le 14 décembre 2016, dans la Trump Tower avec les figures marquantes
de la Big Tech (source : Timothy A Clary/AFP).
Cette poignée de main peu conventionnelle est-elle le signe d’une sincère
amitié ou le « symbole » d’une sorte de pacte diabolique entre un populisme
décomplexé et une « élite » techno-fasciste ?
Par
ailleurs, n’oublions jamais que le premier à avoir systématisé la
« pensée » du populisme est Hitler : un seul parti, une seul
peuple, une seule race, un seul sang, désigner un ennemi responsable de tous
les maux, etc. Le leader politique incarne le peuple. Il est le pays. Sa volonté
à lui est donc celle de tous, et nous savons que l’idée trinitaire du « un
homme, un peuple, une nation » a des racines fascistes.
Le slogan « America
First », abondamment utilisé par Donald Trump lors de ses campagnes
aux présidentielles, a été inventé par Thomas Woodrow Wilson (1856-1924), le
28ᵉ président des États-Unis. La « formule » a été reprise par le Ku
Klux Klan dans les années 20, mais « America First » est
surtout connu comme le slogan et la politique étrangère défendue par l’America
First Committee (Le « Comité Amérique d’abord »), organisation
isolationniste fondée en septembre 1940, dont l’un des plus célèbres porte-voix
était l’aviateur Charles Lindbergh, sympathisant de l’idéologie nazie. Sous
couvert de pacifisme et de non-intervention dans la Seconde Guerre mondiale
contre les puissances de l’Axe, l’America First Committee a offert une tribune
aux partisans de l’Allemagne nazie. Le fait que Donald Trump utilise ce slogan
n’est certainement pas anodin.
Ce à quoi nous assistons aujourd’hui,
c’est à la montée – qui semble irrésistible – des partis populistes d’extrême
droite, partout en Europe et dans le monde. Il existe donc une sorte
d’« internationale » des partis populistes d’extrême droite et ces
derniers s’entendent sur
l’essentiel.
Un exemple significatif est l’alliance entre l’homme le plus riche de la
planète, Elon Musk, et le populiste Donald Trump (47e président des
Etats-unis en 2025), qui est révélatrice de ce mouvement de bascule des
« élites globalisées » vers l’extrême droite.
Cette nouvelle dynamique connaît depuis le début du XXIe
siècle une évolution majeure et singulière, d’abord portée par les GAFAM, puis
par les entreprises de la « galaxie Musk ». L’accélération du changement de
paradigme résumé par la formule « des nations aux firmes » (du
« public » vers le « tout privé »), déplace en effet le
champ d’actions des dirigeants (CEO) des multinationales, qui ne se contentent
plus d’être des acteurs économiques influents mais deviennent aussi des
interlocuteurs directs, d’égal à égal, avec les hommes politiques élus. Le
modèle proposé par Elon Musk indique que nous sommes entrés dans une nouvelle
ère dans laquelle une petite poignée d’entreprises technologiques et leurs
dirigeants sont en passe de devenir des acteurs centraux des relations
internationales.
Comme nous l’avons souligné
plus haut, le « cas » Elon Musk est particulièrement instructif en ce
qui concerne les fondements idéologiques de ce que nous pouvons désormais
appeler une « techno-dictature » ou un « techno-fascisme »
mondial.
Notons que depuis plusieurs années, Elon Musk multiplie les références
à l’antisémitisme. Il a approuvé un tweet qui affirmait que les juifs « détestaient les blancs ». Il a
aussi, entre autres, recommandé de regarder un documentaire révisionniste sur
la Shoah. En plus de se rapprocher de Donald Trump et de la droite dure
américaine, il a aussi apporté son soutien à l’extrême droite allemande très
proche de la mouvance néonazie. Il est en effet intervenu lors d’un meeting du
parti « Alternative pour l’Allemagne » (AfD) qui s’est déroulé à
Halle dans l’Est de l’Allemagne. Lors de ce rassemblement il a dit qu’« Il
est bon d’être fier de la culture allemande, des valeurs allemandes, et de ne
pas les perdre dans une sorte de multiculturalisme qui dilue tout. »
Il a réitéré son soutien à l’AfD, qu’il considère comme « le meilleur
espoir pour l’Allemagne ».
L’homme le plus riche de la planète a
dénoncé un « contrôle trop fort d’une élite mondiale », a
estimé que l’AfD devait « se battre, se battre, se battre »,
et que « L’AfD est le seul parti qui peut sauver l’Allemagne. » Nous
voyons donc qu’Elon Musk a le profil idéal du techno-fasciste : il
concentre à lui seul les pouvoirs technologique, politique, médiatique,
économique, il « murmure » à l’oreille du président des Etats-Unis,
et possède donc tous les moyens pour accélérer l’avènement d’une
techno-dictature mondiale.
L’« apocalypse programmée » est en marche...
Daniel Robin
Mars 2026
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Note
1 : Un nerd est un anglicisme qui s’applique à une personne
solitaire passionnée, voire obsédée, par des sujets liés aux sciences, aux
technologies, et aujourd’hui à l’informatique et à l’Intelligence Artificielle.
Apparu à la fin des années 1950 aux Etats-Unis et
originellement péjoratif, le terme est de plus en plus envisagé comme un gage
de fierté et d’appartenance à une communauté. Plus ou moins synonyme de geek,
un nerd est très souvent asocial, obsessionnel, et excessivement porté
sur le domaine intellectuel et spéculatif. On le décrit comme timide, étrange
et même repoussant parfois. Aujourd’hui, les nerds s’organisent pour prendre le pouvoir.
Note
2 : Héritière du techno-solutionnisme de la Silicon
Valley, l’accélérationnisme est une idéologie techno-politique radicale
qui prône l’adoption des nouvelles technologies numériques sans aucune
restriction. Ses partisans estiment que c’est en « accélérant » les
innovations technologiques dans tous les domaines et surtout dans celui de
l’Intelligence Artificielle que nous pourrons sauver l’humanité. Les milliardaires
de la Big Tech comme Elon Musk, Peter Thiel ou Marc Andreessen, sont des
accélérationnistes convaincus qui disposent de moyens financiers colossaux pour
réaliser leurs projets. Il est intéressant de noter que l’accélérationnisme
illustre parfaitement la théorie traditionnelle des quatre Ages de l’Humanité,
car c’est justement à la fin du quatrième Age (l’Age de Fer ou le Kali Yuga)
que le temps et les évènements sembleront s’accélérer lors d’une période qui
précédera de peu la Fin des Temps.
Note
3 : Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet Nastasia Hadjadji, Apocalypse
Nerds, Comment les techno-fascistes ont pris le pouvoir » (Editions Divergences, 2025). Nastasia Hadjadji est
journaliste et chroniqueuse, spécialiste de l’économie politique du numérique. Elle
collabore en presse écrite avec Le Monde, Libération, Usbek&Rica ; copilote
la newsletter technocritique Synth Média et réalise des reportages
pour l’émission Tracks (Arte). Elle est l’autrice de No crypto.
Comment Bitcoin a envoûté la planète (2023) aux éditions Divergences.
Olivier Tesquet est journaliste à la cellule enquêtes de Télérama, spécialisé
depuis 15 ans dans l’impact de la technologie sur la société. Il est l’auteur
de plusieurs essais, dont A la trace (Premier Parallèle, 2020), État
d’urgence technologique (Premier Parallèle, 2021) et Dans la tête de
Julian Assange (avec Guillaume Ledit, Actes Sud, 2020).
Note 4 : Contes
et légendes inachevées est un recueil de J. R. R.
Tolkien édité à titre posthume par son fils Christopher Tolkien en 1980.
Ce recueil de textes apporte un éclairage important sur le monde du Seigneur des Anneaux et notamment sur le
groupe des Mages auquel appartenaient Gandalf et Saruman.
Note 5 : La
société Palantir Technologies vend aux entreprises et aux agences gouvernementales
des licences de deux logiciels principaux : Palantir Gotham, conçu
pour les forces de l’ordre et les agences gouvernementales (armée,
renseignement, police), et Palantir Foundry, orienté vers les
entreprises pour la gestion d’inventaires et le suivi de production.
Note 6 :
Le
« nombre de la Bête » ou « chiffre de la Bête » –
« 666 » – est évoqué dans l’Apocalypse de Jean au chapitre
13, verset 18 : « Que celui qui a de
l'intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et
son nombre est six cent soixante-six ». « 666 » est le
« chiffre » de l’Antéchrist.
Note 7 : Armageddon
vient de l’hébreu et signifie « la montagne de Meguiddo ». Ce
mot se trouve uniquement dans Apocalypse de Jean (chapitre 16, verset 16) et indique le lieu central où l’Antéchrist rassemblera ses armées pour s’opposer
au retour de Jésus-Christ.
Note 8 : Les luddites sont les membres d’un
mouvement d’ouvriers du textile né en Angleterre au XIXe siècle qui
s’opposaient à l’utilisation des machines dans le tissage. Face à une
industrialisation généralisée de tous les secteurs de production qui menaçait
leurs emplois et leur identité professionnelle, un nombre croissant de
travailleurs du textile se sont tournés vers l’action directe violente.
Galvanisés par leur leader, Ned Ludd, ils ont commencé à briser les machines à
tisser qui, selon eux, les privaient de leur source de revenus. Le terme est
devenu synonyme d’opposition et de rejet des nouvelles technologies.
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Pour
comprendre en profondeur et identifier la « source » de la corruption
des « élites globalisées » :
« La Hiérarchie Infernale
Comment
les forces du mal envahissent notre monde »
Daniel Robin
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