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mercredi 4 mars 2026

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L’ « ELU DU DRAGON 1 »

Les « élites » de notre planète ont-elles pactisé avec le diable ?


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 Un article de Daniel Robin 

- 30 mars 2026 - 

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Les éléments les plus ténébreux de l’« affaire Epstein » révèlent des agissements dignes des pires films d’horreur. 

Les e-mails, les photos et les vidéos qui constituent le « dossier Epstein » laissent entrevoir les activités proprement « sataniques » de nos « élites globalisées » 2 comportant des sortes de « messes noires » où sont perpétrés des sacrifices humains (principalement des jeunes femmes, des enfants, et même des bébés ! ). 

Les traditions magiques enseignent qu’un « pacte » avec les forces des ténèbres implique ces sacrifices humains pour obtenir, pouvoir, argent, richesses matérielles, fortune, prestige, pouvoir de séduction, position sociale élevée, etc. 

Pour bénéficier de ces immenses privilèges dans le monde matériel, les « élites globalisées » de notre planète n’auraient-elles pas signé un pacte avec Satan ? 

Une autre question se pose qui découle de la précédente : certains représentants de ces « élites » ne serait-ils pas « possédés » par les « forces du mal » (des entités démoniaques) comme le fut Hitler qui reconnaissait lui-même n’être qu’un précurseur de l’Antéchrist ?  

 

  

Sommaire

 

1) La hiérarchie contre-initiatique.

2) Le « Prince de ce monde ».

3) Les nazis et l’ésotérisme.

4) Hitler, le « médium » des forces démoniaques.

5) Les « médiums » et les entités des « mondes invisibles ».

6) Les « 72 qui mènent le monde ».

7) Les nazis et la CIA.

8) Hitler et l’Antéchrist.

 


 

1) La hiérarchie contre-initiatique.  

Pour comprendre comment les « élites globalisées » de notre planète ont pu succomber aux « charmes » des forces sataniques, il faut rappeler que d’un point de vue spirituel il existe deux types opposées de « hiérarchie ». Ainsi, comme il existe une hiérarchie initiatique normale, régulière, et spirituelle, il existe une « hiérarchie initiatique » (le terme « contre-initiatique » serait plus juste) inversée, irrégulière, anti-spirituelle, anormale et infernale.

De même, comme il existe des organisations initiatiques traditionnelles normales, régulières, qui proposent des initiations traditionnelles qui ont pour objectif la réalisation spirituelle de leurs membres (« initiation christique » dans l’ésotérisme chrétien par exemple), il existe aussi, mais en mode inversé, des organisations contre-initiatiques irrégulières qui proposent des « initiations à rebours » (maléfiques et sataniques) qui ont pour objectif d’entraîner leurs membres vers des états d’être infra-humains et infernaux. 



Ci-dessus (illustrations symboliques) : En haut, les cercles lumineux des hiérarchies célestes et angéliques correspondant aux états supra-humains (initiation traditionnelle et réalisation spirituelle authentique). En bas, les cercles ténébreux des hiérarchies infernales et démoniaques correspondant aux états infra-humains (contre-initiation et réalisation spirituelle inversée).

 

Notons encore que la « hiérarchie infernale » s’étend du domaine intermédiaire (forces subtiles, domaine psychique, l’« âme du monde ») au domaine corporel (et même à l’infra-corporel), et que ceux qui subissent l’influence de cette « hiérarchie infernale » et qui relaient son action dans le monde, ne sont que rarement conscients de l’origine de l’influence qu’ils subissent et de sa nature démoniaque.

En ce qui concerne les « élite globalisées » qui auraient participé aux rituels sataniques qui se sont déroulés sur l’île Little Saint James (îles Vierges des États-Unis) par exemple, dans le « Zorro Ranch » (Nouveau-Mexique), ou dans d’autres propriétés appartenant à Jeffrey Epstein, il est peu vraisemblable que les participants à ces rituels n’aient pas été conscients de leur nature proprement satanique. Tout indique au contraire (notamment à travers les documents du « dossier Epstein ») qu’ils savaient exactement ce que ces rituels pouvaient leur apporter comme pouvoirs et richesses, et ce qu’il fallait « sacrifier » en échange.

On peut donc dire qu’il existe une « hiérarchie infernale » occulte composée de membres actifs (les « élites globalisées » et les « saints de Satan »), conscients de l’origine et des buts de leur action, et une « hiérarchie infernale » extérieure (« profane » si je puis dire) qui agit dans le monde sans être consciente de l’origine et des buts de son action.

La « hiérarchie infernale » et les représentants de la « contre-initiation » qui l’incarnent en ce monde, sont « aussi totalement et plus irrémédiablement que de simples profanes, ignorants de l’essentiel, c’est-à-dire de toute vérité d’ordre spirituel et métaphysique qui, jusque dans ses principes les plus élémentaires, leur est devenue absolument étrangère depuis que « le ciel a été fermé » pour eux  3 ».

Ne pouvant plus accéder aux hiérarchies spirituelles et divines, c’est-à-dire aux états « supra-humains » (« états angéliques »), les représentants de la « hiérarchie infernale » vont alors suivre une voie initiatique à rebours (une voie inversée et descendante) qui les conduira vers les états « infra-humains ». « Dans l’ésotérisme islamique, il est dit que celui qui se présente à une certaine « porte » sans y être parvenu par une voie normale et légitime, voit cette porte se fermer devant lui et est obligé de retourner en arrière, non pas cependant comme un simple profane, ce qui est désormais impossible, mais comme sâher (sorcier ou magicien opérant dans le domaine des possibilités subtiles d’ordre inférieur) 4 ». 

Désormais, nous dit René Guénon, ce sâher va suivre « la voie « infernale » qui prétend s’opposer à la voie « céleste » et qui présente en effet les apparences extérieures d’une telle opposition, bien qu’en définitive celle-ci ne puisse être qu’illusoire ; et comme nous l’avons déjà dit plus haut à propos de la fausse spiritualité où vont se perdre certains êtres engagés dans une sorte de « réalisation à rebours », cette voie ne peut aboutir finalement qu’à la « désintégration » totale de l’être conscient et à sa dissolution sans retour 5 ». 

La conclusion à laquelle je suis parvenu est que certains membres des « élites globalisées » sont ces sâher décrits par René Guénon et qu’ils se sont consciemment engagés dans une voie de réalisation inversée qui est proprement une voie de réalisation satanique.

 

Ci-dessus : « Les Satan Shoes » (« chaussures sataniques ») du rappeur Lil Nas X. La société Nike a porté plainte contre la société MSCHF, qui a mis en vente une édition limitée de 666 baskets « Air Max 97 » modifiées et commercialisées sur le thème de Satan. La basket est noire avec une croix rouge sur la languette. Un pentagramme en bronze est accroché aux lacets et, surtout, une semelle est remplie d’un intriguant liquide rouge d’un volume de 60 centimètres cubes d’encre rouge et une goutte de sang humain (du vrai sang humain !). Le nombre « 666 » est bien évidemment le « nombre de la Bête » de l’Apocalypse. Le texte imprimé en rouge en bas de la chaussure, « Luke 10:18 », fait référence au verset de l’Evangile selon saint Luc : « Jésus leur dit : « Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. » Je pose la question : au-delà du « coup marketing » de MSCHF, n’y aurait-il pas une vrai promotion du satanisme ?

 

2) Le « Prince de ce monde ».  

Au sommet de la « hiérarchie infernale » se trouve Satan, le « Prince de ce monde », Prince des ténèbres, l’Esprit du Mal, l’Ennemi, l’Adversaire, l’Accusateur, le Tentateur, assimilé au Diable et à Lucifer. L’incarnation de Satan dans le monde est une entité appelée l’Antéchrist. 


Les degrés les plus « élevés » (ou les plus « bas » devrions-nous dire) de la hiérarchie « contre-initiatique » sont occupés par les « saints de Satan » (awliyâ esh-Shaytân dans l’Islam) et les faux prophètes, qui sont en quelque sorte l’inverse des véritables saints (awliyâ er-Rahman) et des vrais prophètes. « Saints de Satan » et faux prophètes sont l’expression la plus aboutie d’une « spiritualité à rebours », c’est-à-dire d’une spiritualité inversée, maléfique. 

Nous ne saurions décrire de façon exhaustive les degrés de la « hiérarchie infernale » occulte qui est composée d’un très grand nombre de niveaux et de « grades » correspondant aux multiples états d’être « infra-humains » et « infra-matériels » (mondes matériels plus denses et moins lumineux que notre monde), c’est-à-dire situés en-dessous des états humains normaux et des états supra-humains. 

Ce que nous pouvons en revanche dire, c’est que les « saints de Satan » sont les membres d’organisations plus ou moins structurées qui peuvent être totalement fermées et inaccessibles aux « gens ordinaires », c’est-à-dire à tous ceux qui ne se sont pas engagés dans une voie « initiatique » inversée et démoniaque.

Ces organisations contre-initiatiques sont comme le reflet inversé des organisations initiatiques régulières et authentiques (comme les organisations initiatiques de l’ésotérisme chrétien ou islamique) qui transmettent l’« influence spirituelle » lors des initiations.

 

 
Ci-dessus : A gauche, la rappeuse Nicki Minaj révèlent sur le réseau social « X » les pratiques sataniques au sein du milieu du showbiz et plus généralement dans les milieux du divertissement. Dans ces publications, l’artiste affirme que des figures majeures de l’industrie musicale seraient impliquées dans des pratiques occultes, allant jusqu’à évoquer des sacrifices de bébés. Elle affirme que : « Votre artiste préféré a participé à des rituels au sein d’une secte satanique où l’on enlève des bébés à l’étranger, qu’on mutile et qu’on tue en guise de sacrifice sanglant à leur dieu. Voyez-vous, quand on est sous l’emprise de Satan, on est condamné à verser le sang sans cesse. Mais le pot aux roses est découvert. » 
 
A droite, le mannequin transgenre « Piche » (la drag-queen) qui a participé à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris en 2024. Notons le caractère satanique de la Cène, le dernier repas du Christ avec les apôtres (ci-dessous).


 

3) Les nazis et l’ésotérisme.

Rappelons tout d’abord que le mot « nazisme » est la traduction française de l’allemand Nazismus, abréviation de l’expression allemande Nationalsozialismus, « national socialisme ». L’idéologie nazie, mise en pratique par Hitler, est basée sur une hiérarchie au sein de l’espèce humaine qui serait divisée en « races », au sommet de laquelle elle place la « race aryenne ». « En bas » de cette hiérarchie figurent les races et les communautés les plus détestées par les nazis, c’est-à-dire les juifs, les slaves, les tzigans, les homosexuels et les transgenres, formant une sorte de classe de sous-hommes, les Untermenschen, qu’il faut exterminer. 

Notons à ce propos, que le pédocriminel Epstein (d’origine juive Ashkénaze), ne se cachait pas d’être, non seulement homophobe, raciste, sexiste, suprémaciste et eugéniste, mais il était aussi très proche des milieux de l’extrême droite américaine, des transhumanistes et des techno-fascistes de la Silicon Valley. Ce prédateur sexuel rêvait d’un monde où « l’élite globalisée » régnerait sur les « masses zombifiées », grâce aux algorithmes, à l’Intelligence Artificielle, aux réseaux sociaux débiles (Tik Tok en tête, Snapchat, Instagram, X, ex-Twitter, etc.) et aux jeux vidéo. Nous connaissons l’adage latin corruptio optimi pessima (« la corruption du meilleur est la pire ») qui s’applique tout particulièrement au « peuple élu » qui est sensé être le « meilleur » de tous les peuples (Epstein faisait partie de ce « peuple élu »), et dont les membres doivent vivre selon les sept lois noachiques données par YHWH à Noé. A défaut d’être un « élu » de YHWH, Epstein (tout comme Hitler) n’aura été qu’un « élu du Dragon ».

Souvenons-nous que le terme « nazisme » désigne le régime politique inspiré de lidéologie nazie et que cette dernière a engendré une dictature totalitaire, guerrière et expansionniste qui a été dirigée par Hitler de 1933 à 1945, et qui est connue sous les noms de « Troisième Reich » ou « d’Allemagne nazie ».

 C’est certain, il existe ce qu’on peut appeler un « ésotérisme nazi » qui est bien évidemment un ésotérisme inversé, une parodie et une « image en négatif » du véritable ésotérisme, c’est-à-dire une version obscure et ténébreuse de la quête spirituelle authentique et régulière qui s’effectue au sein d’organisations initiatiques traditionnelles.  

C’est une vérité populaire qui se vérifie aisément : le « Diable fait tout à l’envers », cest-à-dire qu’il inverse systématiquement les symboles et les pratiques de l’initiation véritable. En ce sens, le nazisme est bien une « quête spirituelle » à rebours, c’est-à-dire une « quête » qui va vers le « bas », vers les mondes infernaux et les états infra-humains, en opposition avec la « quête » spirituelle authentique qui va vers le « haut » et les hiérarchies célestes (angéliques).

Nous connaissons les arguments avancés par Louis Pauwels (1920-1997) et Jacques Bergier (1912-1978) dans leur « livre culte », Le Matin des magiciens, introduction au réalisme fantastique publié en 1960, qui établissent de façon incontestable la réalité de l’« ésotérisme nazi » qui trouve ses racines dans la « hiérarchie infernale ». 

 

4) Hitler, le « médium » des forces démoniaques.  

La Société Thulé (en allemand Thule-Gesellschaft), fondée en 1918, redoutable organisation à laquelle appartenait le « magicien noir », le « baron » Rudolf von Sebottendorf (1875-1957), a joué un rôle déterminant dans la formation idéologique du « médium » Adolf Hitler habité par les « esprits démoniaques ».  

La société Thulé fut en effet l’un des creusets (ce n’était pas le seul) dans lequel furent forgés les « saint de Satan » nazis, Hitler, les SS, Rudolf Hess, Alfred Rosenberg, Goebbels, et tous les hauts dignitaires du Parti national-socialiste des travailleurs allemands, le NSDAP.  

Notons pas ailleurs que la société Thulé allemande était très liée à une société occulte anglaise, The Hermetic Order of the Golden Dawn in the Outer (littéralement « L’Ordre hermétique de l’Aube dorée à l’extérieur »), fondée en 1888 par William Wynn Westcott, et elle était aussi dominée par un mystérieux « Ordre du Dragon » dont la manifestation visible remonte à 1418 (le vrai « Dracula », Vlad IV Tepez surnommé l’« empaleur », était membre de l’Ordre du Dragon). 

 

  Hitler, le « médium » possédé par les forces sataniques ! 

 

Nous ne saurions trop insister sur le fait que la montée du nazisme en Allemagne entre 1919 (insurrection spartakiste, traité de Versailles) et 1933 (nomination d’Adolf Hitler au poste de chancelier), ne peut pas s’expliquer par des causes purement économiques et sociales et par l’humiliation subie par l’Allemagne après la défaite de 1914-1918.

Ces explications sont celles qui sont répandues par les historiens professionnels et les professeurs d’histoire qui ne tiennent aucun compte de ce que j’appelle la « méta-histoire » ou « histoire des profondeurs ». Cette montée du nazisme trouve au contraire son origine dans des organisations occultes qui ont mis en branle des forces subtiles démoniaques qui ont littéralement « possédés » Hitler qui avait assurément des capacités médiumniques hors-normes.  

Ces forces subtiles démoniaques se sont alors servies de lui (nous pouvons même dire qu’il était possédé par elles) pour se répandre dans le monde et y semer le chaos.  

 

5) Les « médiums » et les entités des « mondes invisibles ».

Notons à ce propos qu’il faut être extrêmement prudent (pour ne pas dire plus) vis-à-vis des « médiums » qui prétendent être en contact avec des « entités de l’invisible ». 

Dans la plupart des cas, ces « médiums » ne contrôlent pas leurs facultés médiumniques, ni les entités avec lesquelles elles communiquent et qui peuvent être extrêmement négatives. Nous ne saurions donc trop alerter les personnes qui fréquentes ces « médiums » qui disent être en contact avec des défunts ou des personnalités historiques prestigieuses comme Jacques de Molay par exemple. 

 

Ci-dessus : Je recommande la plus extrême prudence vis-à-vis des « médiums » qui prétendent être en contact avec des « entités de l’invisible » et qui délivrent des messages venant de « grands maîtres templiers » par exemple. Dans la plupart des cas, ces « médiums » ne contrôlent pas leurs facultés médiumniques, ni les entités avec lesquelles elles communiquent.

 

Par principe, il ne faut jamais croire ce que vous dit un « médium », surtout quand il prétend être en contact avec de prétendues « entités spirituelles ».

Les raisons d’une telle prudence sont motivées par le fait que les « entités de l’invisible » avec lesquelles les « médiums » sont en contact résident très souvent dans une zone psychique intermédiaire (le monde subtil des énergies psychiques) proche du monde terrestre, et elles ne sont donc pas issues des sphères spirituelles supérieures comme elles le prétendent.  

Par ailleurs, ces « entités de l’invisible » sont souvent des parasites qui se nourrissent de nos émotions et de l’énergie psychique des égrégores générés par les « médiums » qui croient recevoir des « enseignements spirituels » et forment des groupes humains plus ou moins importants.  

Ces égrégores forment de véritables « réservoirs » d’énergie psychique dont se nourrissent les entités démoniaques.  

 

6) Les « 72 qui mènent le monde ». 

En ce qui concerne l’histoire occulte du nazisme, je conseille vivement la lecture du livre de Jean Robin (1946-2024) intitulé « Hitler, l’élu du Dragon » (Editions de la Maisnie, 1987) qui est, selon moi, l’une des meilleures études sur ce sujet. 

 


Jean Robin démontre de façon magistrale que les trois organisations plus ou  moins occultes que je viens de citer (la société Thulé allemande, The Hermetic Order of the Golden Dawn in the Outer anglaise et l’Ordre du Dragon) n’étaient en réalité que des émanations relativement extérieures d’un groupe encore plus fermé qu’il appelle les « 72 ».  

Ces derniers étaient (et sont peut-être encore aujourd’hui) les représentants de la contre-initiation en cette fin de cycle et les héritiers de la lignée Sethienne, c’est-à-dire issue du dieu Seth égyptien, frère et meurtrier d’Osiris, auquel les Grecs donnèrent le nom de Typhon. Seth est aussi appelé l’« âne rouge » (la « bête écarlate » de l’Apocalypse), l’une des entités les plus redoutables parmi toutes celles que devait rencontrer le mort au cours de son voyage d’outre-tombe, ou l’initié au cours de ses épreuves initiatiques, ce qui est la même chose d’un point de vue initiatique (l’initiation récapitule les phases de la mort). 

L’un des aspects les plus ténébreux des mystères « typhoniens » était le culte du « dieu à la tête d’âne », et René Guénon estimait que, sous une forme ou sous une autre, ce « culte » s’est perpétué jusqu’à nos jours. Il précisait que certains affirment même qu’il doit durer jusqu’à la fin du cycle actuel, c’est-à-dire jusqu’à la fin du Kali Yuga

 

7) Les nazis et la CIA. 

Le nazisme ne s’est pas éteint avec la mort de Hitler, le 30 avril 1945, dans le Führerbunker de Berlin. N’oublions pas en effet que de nombreux savants nazis ont été plutôt bien accueillis par les américains après la fin de la seconde guerre mondiale.  

Plus de 1 500 scientifiques allemands issus du complexe militaro-industriel de l’Allemagne nazie ont été récupérés, ainsi que les armes secrètes du IIIe Reich et leur expérience en matière de « tortures humaines » (et animales) et autres « expériences scientifiques » monstrueuses perpétrés dans les camps de la mort.  

De nombreux anciens nazis furent engagés par la CIA et purent ainsi poursuivre leurs travaux démoniaques (travaux sur le LSD, le programme MK-Ultra, lavage de cerveau, contrôle du psychisme humain, etc.) avec la bénédiction du gouvernement américain. 

 

8) Hitler et l’Antéchrist. 

Notons aussi qu’Hitler ne fut pas l’ « Antéchrist » mais une « simple préfiguration » (si une telle expression est permise lorsque nous songeons aux horreurs commises par les nazis) de « Celui qui doit venir ».  

Nous pouvons dire, en utilisant la terminologie hindou, qu’Hitler fut une sorte d’avatar partiel de l’archétype anté-christique et qu’il incarna sur terre des forces démoniaques ayant une capacité de nuisance exceptionnelle.  

Mais selon Guénon, l’entreprise démoniaque du nazisme et de son chef, Hitler, n’était encore que des « préliminaires » vis-à-vis de ce que sera capable de faire l’Antéchrist. Nous toucherons alors avec ce dernier, les abîmes infernales de l’horreur absolue.  

En ce qui concerne les ténébreux mystères Sethiens, nous renvoyons nos lecteurs à l’étude magistrale de Jean Robin intitulée « Seth le dieu maudit » (Editions Guy Trédaniel, 1986), étude d’un auteur qui fut notre guide éclairé dans l’exploration des strates infra-humaines de notre « monde moderne ».

Par ailleurs, il y aurait aussi beaucoup de choses à dire sur les liens occultes qui unissent les mouvements islamistes radicaux issus de l’Islam sunnite et wahhabite des saoudiens, d’une part, et issus de l’Islam chiite iranien d’autre part. Entre l’islamisme radical et le nazisme existent en effet des ressemblances troublantes.

La principale est la conquête ou l’élimination quasi systémique des « mécréants » et parmi eux figurent en bonne place les juifs. Là encore un point commun avec le nazisme. L’islamisme est incontestablement antisémite.  

Au-delà des affrontements factuels sur le terrain, les deux islamismes radicaux que nous évoquons n’auraient-ils pas une origine commune : la contre-initiation et les forces anti-spirituelles qui semblent dominer le monde aujourd’hui ?


Daniel Robin

Mars 2026

Daniel Robin LVRST


 


 





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Note 1 : L’« Elu du dragon » (« Hitler, l’élu du dragon ») est le titre d’un livre passionnant de Jean-Robin (Editions Guy Trédaniel, 1987) dans lequel l’auteur met en lumière les liens qui existaient entre les sociétés secrètes et le nazisme et les liens avérés entre ce dernier et l’islamisme radical. 

L’« Elu du Dragon » est Adolf Hitler, choisi par les forces démoniaques pour répandre la haine et le chaos dans le monde au XXe siècle.

  

Ci-dessus : A gauche, la couverture du livre de Jean Robin intitulé « Hitler, l’élu du dragon » (Editions Guy Trédaniel, 1987). A droite, Jean Robin (1946-2024), essayiste, romancier, traducteur, et fin connaisseur de l’œuvre de René Guénon.

 

Le livre de Jean Robin  révèle (entre autres) le véritable rôle du « baron » Rudolf von Sebottendorf, le fondateur islamisant de la fameuse Société Thulé, auprès de Hitler. 

Il nous décrit la réalité historico-mythique qui se dissimule derrière le mystérieux « Ordre du Dragon Vert » auquel fut affilié Karl Hausofer, le père de la géopolitique nazie. 

 

 

Il dévoile aussi l’identité des fameux « Soixante-Douze » qui furent évoqués par le ministre allemand des Affaires étrangères, Walther Rathenau, le 24 juin 1922 alors qu’il agonisait suite à un attentat contre lui. Ses ultimes paroles furent : « les soixante-Douze qui mènent le monde ... ».

 Hitler aurait déclaré à son cercle d’intimes : « Je sais que je ne suis pas Celui qui doit venir ». De qui donc le Führer, possédé et marionnette des forces sataniques, fut-il le précurseur ?

 

Note 2 : Les « élites globalisées » ou « élites internationalisées ». 

La fin du XIXe siècle et tout le XXe siècle, ont été marqués par des progrès scientifiques et techniques rapides et très importants. Tout le monde s’accorde pour dire que c’est une bonne chose. Cela a été perçu comme un progrès de la civilisation et des sociétés humaines. 

Globalement, les conditions de vie se sont améliorées et l’espérance de vie a augmentée. La richesse des pays a été en croissance constante malgré les deux guerres mondiales du XXe siècle (1914/1918 et 1939/1945) et la course aux armes atomiques des Etats-Unis et de l’URSS qui s’en est suivie. 

Cependant, parallèlement à ces productions de richesses matérielles issues de la science, de la technique et de l’industrie, une classe dirigeante très riche s’est emparée du pouvoir. Elle a imposé ses standards de vie à toute la Terre : recherche immodéré des profits et de l’enrichissement personnel, compétition entre les individus, mépris de la dignité humaine, exploitation de ses semblables, exploitation dérégulée des ressources naturelles, mépris des équilibres naturels et des espèces animales, consumérisme, matérialisme, individualisme exacerbé, etc. 

Cette classe dirigeante des riches est devenue une sorte d’« élite » (ce que j’appelle « l’élite globalisée ») qui est devenue le « modèle » et le standard de la réussite dans la vie. C’est en somme « ce qu’il faut devenir » pour être heureux et reconnu dans le monde, c’est-à-dire « avoir sa place ». La réussite s’évalue à l’aune de la richesse personnelle qui est avant tout une richesse matérielle et financière. 

Pour faire partie de cette prétendue « élite », il faut montrer qu’on est capable de bâtir sa fortune et d’accumuler des biens matériels (maisons, villas de luxe, châteaux, voitures de luxe, yachts, jets privés, bijoux, etc.).  

Déjà, en 1996, Jacques Attali rêvait d’une « révolution culturelle » susceptible de favoriser l’émergence d’une « surclasse européenne ». Cette nouvelle « élite » admettrait les postulats suivants : « L’acceptation du neuf comme une bonne nouvelle, de la précarité comme une valeur, de l’instabilité comme une urgence et du métissage comme une richesse ». Ce qui permettrait, selon lui, l’essor de « tribus de nomades sans cesse adaptables, libérant mille énergies et porteuses de solidarités originales ». 

Cette « élite » n’aurait plus d’ancrage national (sans patrie), plus de traditions liées à un pays, plus de religion, plus tradition spirituelle et initiatique. Elle serait perpétuellement nomade, mais ses représentants se réuniraient régulièrement et secrètement dans des « paradis » (fiscaux ou pas) inconnus du public.

 

Note 3 : René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éditions Gallimard, 1945, renouvelé en 1972.


Note 4 : René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éditions Gallimard, 1945, renouvelé en 1972. 


Note 5 : René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éditions Gallimard, 1945, renouvelé en 1972.


  

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Apocalypse programmée 

 

Quand les idéologues de la Big Tech veulent prendre

le pouvoir et changer le monde 

 

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 Un article de Daniel Robin 

- 11 mars 2026 - 

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C’est au sein de la Silicon Valley, devenue le creuset de toutes les révolutions technologiques qui façonnent notre monde, qu’est née une idéologie mortifère qui veut imposer sa « vision » - qui est une véritable « religion » - de la civilisation, de l’homme et de la technologie. 

 

Mêlant habilement les technologies numériques les plus sophistiquées et les concepts relevant d’une terminologie sortie tout droit du Moyen Age comme ceux d’Apocalypse, d’oracles, d’Antéchrist, de « 666 », et même d’Armageddon, cette « techno-mystique » (une mystique à rebours en réalité) veut inverser les rapports normaux qui devraient exister entre l’homme et la technologie. 

 

Un puissant groupe de nerds 1 croit en effet que la technologie nous surpassera (notamment à travers l’Intelligence Artificielle) et même qu’à terme, les hommes disparaîtront, ou – ultime étape de cette domination des « machines » – les hommes se fondront totalement en elles. 

 

Le constat de notre enquête est alarmant : les « geek » de la Big Tech semblent vouloir dérouler le plan d’une « apocalypse programmée » où se mêlent un populisme décomplexé et un accélérationnisme 2 technologique totalement débridé.  

 

 

Sommaire

 

1) Les techno-fascistes et le complexe militaro-numérique.

2) Le « pacte » entre la Big Tech et les militaires.

3) Palantir et le « mage noir ».

4) Peter Thiel et l’Antéchrist.

5) Démocratie, milliardaires et ingénierie sociale.

6) Les big data au service d’une « techno-dictature ».

 


 

1) Les techno-fascistes et le complexe militaro-numérique.

 

Dans un ouvrage d’une lucidité remarquable, intitulé « Apocalypse Nerds, Comment les techno-fascistes ont pris le pouvoir » 3, Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet définissent le techno-fascisme comme un processus de contre-révolution réactionnaire et fasciste qui mobilise les outils et les infrastructures de la Tech pour combattre et démanteler les institutions de la « modernité politique » (les démocraties libérales). Pour ces auteurs, le techno-fascisme instaure une dialectique entre la modernité technologique et la modernité politique. Son action politique passe par ses infrastructures numériques (data center, infrastructures d’Internet), ses réseaux, ses algorithmes, et il est porté par des figures de pouvoir que sont les milliardaires de la Tech comme Peter Thiel, Elon Musk, Sam Altman, Larry Ellison (ancien CEO d’Orcacle), ou les « venture capital » (capital-risqueurs) comme Marc Andreessen, (co-fondateur de Nescape), ou encore par des théoriciens et idéologues comme Curtis Yarvin (blogger anarcho-capitaliste) ou Nick Land, blogger et écrivain britannique connu pour ses nouvelles d’horreur et sa théorie baptisée « accélérationnisme ». Leur point commun est qu’ils sont tous convaincus que la démocratie est obsolète et que la technologie est plus fiable que les institutions humaines, et plus vite la technologie remplacera la démocratie et mieux cela sera. En dehors de la technologie et de son dernier avatar, l’IA, point de salut. 

 

Les représentants du techno-fascisme ne s’en cachent pas : ils sont résolument contre les démocraties libérales et l’Etat (l’état-nation, les institutions étatiques, les administrations, etc.) qu’ils jugent parasites et totalement dépassées. Pour eux, l’état-nation est une forme d’organisation de la société qui est nuisible et qui doit donc être éliminée. Mais attention, dans l’esprit des techno-fascistes ce n’est pas n’importe quel « état » qui doit être réduit au strict minimum ou éradiqué : ils sont contre l’état-social, l’état-providence, l’état redistributif et les politiques publiques de redistribution (les systèmes de santé publique, la protection et l’aide sociales, la justice, etc.). 

 

Souvenons-nous qu’Elon Musk, qui affiche publiquement ses idées libertariennes et techno-solutionnistes, s’est vu offrir la direction du « département de l’Efficacité gouvernementale » (DoGE pour Department of Government Efficiency) dédié à l’allégement des dépenses publiques. Pour le dirigeant de Tesla et SpaceX, l’Etat, c’est-à-dire l’administration et les services publiques, devraient être réduit à un rôle minimal, voire, selon certains courants libertariens, disparaître totalement au profit d’un système autonome basé uniquement sur le marché et les initiatives privées. Le modèle proposé par Elon Musk reflète un changement radical dans les rapports entre les acteurs économiques, dans lequel les firmes multinationales prennent le relais des états-nations comme principaux acteurs du commerce international et l’organisation sociale. Selon lui, un pays devrait être géré comme une entreprise privée, et celui qui dirigerait ce pays ne serait pas un homme politique élu démocratiquement, mais un CEO (chief executive office) tout puissant, reconnu pour ses compétences de manager et ses résultats financiers.

 


Mais il y a plus inquiétant encore : Elon Musk ne se contente pas d’être un chef d’entreprise innovant aux méthodes de management brutales, il est surtout l’un de ceux qui veulent créer un monde et un homme « nouveaux », c’est-à-dire réaliser un programme politique largement inspiré du fascisme et même des théories nazies. Rappelons-nous son geste (un salut nazi), deux fois exécuté avec fermeté et conviction, lors d’un meeting à Washington. Le signal envoyé au public était clair : « sous sommes de retour, nous sommes dans la place et nous avons le pouvoir, nous allons changer le monde ». Son geste s’adressait à tous ceux qui partagent ses convictions, c’est-à-dire à tous ceux qui soutiennent l’extrême-droite fasciste américaine : David Duke, antisémite et suprémaciste blanc qui fut à la tête des Knights of the Ku Klux Klan, Richard B. Spencer, conservateur, ethno-centriste et ethno-différentialiste blanc, Mark Robinson, qui se qualifie lui-même de « black nazi » (« nazi noir »), Rocky Joe Suhayda adhérent au « Parti nazi américain » (American Nazi Party ou ANP), Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, une figure de l’extrême droite américaine qui a fait lui aussi un salut nazi lors de son discours à la Conservative Political Action Conférence, le Jeudi 20 février 2025. 

 


C’est évident : l’accession de Donald Trump à la présidence des Etats-unis a marqué une sorte de rupture au sein du pouvoir exécutif américain et l’avènement – ou plus exactement le « retour » – des plus sombres idéologies qui semblaient définitivement enterrées avec le XXe siècle. Les fondements de ces idéologies sont connus : populisme, foi aveugle en la technologie, mépris de la démocratie et de l’équité sociale, inégalitarisme, racisme, élistisme (la caste des « seigneurs » ou l’« Homo Deus » de Yuval Noah Harari). 

 

Les Etats-Unis ont changé de « logiciel » politique et se sont résolument tournés vers une radicalité violente, sûre de sa puissance qui repose sur les technologies numériques, l’IA, et le complexe militaro-industriel (ou complexe militaro-numérique). 

 

Nous comprenons mieux pourquoi Trump et son entourage immédiat à la Maison Blanche font les yeux doux à Poutine et ne sont pas pressés d’aider les Ukrainiens qui veulent adhérer à l’Europe démocratique. Trump et Poutine fonctionnent selon le même logiciel politique : mettre en place un « pourvoir fort » dirigé par un « homme fort » et réduire à néant les démocraties occidentales. 

 

Notons cependant que cela n’empêche pas l’armée américaine de tester de nouvelles armes et de nouvelles technologies sur le sol Ukrainien et faire de la guerre contre Poutine un laboratoire de R&D militaire dans des « conditions réelles », notamment à travers la société Palantír Technologies de Peter Thiel. L’exécutif américain se moque de prendre des positions contradictoires, de dire un jour une chose et son contraire le lendemain, de manier les paradoxes, la vulgarité, l’insulte, ou de se contredire lui-même sans complexe, car seul compte les résultats obtenus par tous les moyens.

 

 

Ci-dessus : Aux premières heures du second mandat de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis (qui a prêté serment lundi 20 janvier 2025), Elon Musk, au cours d’un meeting à Washington, a par deux fois effectué un salut « fasciste » et/ou « nazi ». Selon des historiens spécialistes du nazisme, le message est clair : « Il s’agit véritablement d’un signal envoyé à une base radicalisée à qui l’on dit : « Nous sommes dans la place et nous sommes là pour changer les choses dans un sens qui est le vôtre » », explique Johann Chapoutot, historien spécialiste du nazisme. Nous savons par ailleurs que Donald Trump a été largement soutenu par certaines mouvances néonazies aux Etats-Unis. Les représentants de ces mouvances néonazies se sont même félicités du geste d’Elon Musk.

 

 

2) Le « pacte » entre la Big Tech et les militaires.

 

Si pour les techno-fascistes l’ennemi à abattre est l’état-social redistributif, leur « chouchou » si je puis dire, c’est l’état-défense, le ministère des armées, l’état-militaire et l’état-répressif, avec lequel ils passent des contrats juteux. En juin 2025 par exemple, le Pentagone a attribué des contrats pouvant atteindre 200 millions de dollars à Google, OpenAI, Anthropic et xAI pour développer leurs capacités d’innovations dans les domaines de la défense et de la surveillance. Autre exemple : Microsoft a signé des contrats pour près de 480 millions de dollars afin de fournir des versions militarisées de son casque HoloLens, intégrant réalité augmentée et ciblage numérique pour l’entraînement et le combat. Au cœur de cette alliance entre le Pentagone et la Big Tech de la Silicon Valley se trouvent des innovations qui transforment radicalement les systèmes d’armes et les stratégies militaires : Intelligence Artificielle, drones autonomes, cyber-guerre et réseaux avancés de commandement.

 

Sous des dehors « cool », n’oublions pas que toutes les entreprises de la Tech sont nées dans le giron du complexe militaro-industriel américain qui est devenu le complexe militaro-numérique aujourd’hui. C’est en effet le complexe militaro-industriel qui a contribué au décollage de la Silicon Valley à partir des années 1950-1960. 

 

La DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) a largement contribué au développement du réseau Internet, avec ARPANET et le protocole TCP/IP, qui permettent aujourd’hui à des milliards de personnes de naviguer sur le Web ou d’envoyer des e-mails. On voit que l’idéologie des techno-fascistes ne recule devant aucun paradoxe, ni devant aucune contradiction : ennemis jurés des états-nations, ces farouches libertariens pour qui rien ne vaut plus que la liberté individuelle et « l’individu souverain », empochent volontiers les millions de dollars (qui viennent des citoyens-contribuables) de ces même états-nations quand il s’agit de leurs intérêts. Sous la présidence de Donald Trump, Google, Meta, OpenAI ou encore Microsoft s’engagent désormais ouvertement aux côtés de l’armée américaine et des industriels de la défense. La Silicon Valley est en passe de devenir la Silicon Army.

 


3) Palantir et le « mage noir ».

 

Dans l’œuvre de John Ronald Reuel Tolkien, ou J. R. R. Tolkien (1892-1973), intitulée Le Seigneur des anneaux, publiée en trois volumes entre 1954 et 1955, il est question d’une mystérieuse pierre sphérique appelée palantir, ou palantiri au pluriel. Les palantíri, parfois traduits par « pierres clairvoyantes » ou « pierres de vision », sont des pierres qui permettent une communication mentale directe entre leurs utilisateurs. Elles donnent le pouvoir – à ceux qui y sont autorisés – de voir à distance, d’observer les contrées lointaines de la Terre du Milieu et de dévoiler les plans de ses éventuels ennemis. Extérieurement, un palantír a l’apparence d’une sphère parfaite sombre faite d’une matière transparente (verre fumé ou cristal d’un noir profond). Ces sphères sont incassables et ne peuvent pas être fondues ou brûlées. Les palantíri ne peuvent pas transmettre de sons. 

 

 

Dans son essai intitulé Contes et légendes inachevées 4, J. R. R. Tolkien en donne la description suivante : « Elles étaient parfaitement sphériques, paraissant au repos avoir été façonnées dans un seul bloc de verre ou de cristal d’un noir opaque. Les plus petites avaient environ un pied de diamètre (30 cm environ), mais il y en avait de beaucoup plus grosses, et c’était le cas, très certainement, des Pierre d’Osgiliath et d’Amon Sûl. » Les palantíri ont été conçus et fabriqués par les Noldor (singulier Noldo), connus aussi sous le nom de « Hauts Elfes », d’« Elfes Profonds » ou « Elfes Sages ». Seulement sept palantíri sont connus et placés dans des Tours bien gardées sur la Terre du Milieu.

 

 

Ci-dessus : Dans le « Seigneur des Anneaux », l’un des utilisateur d’un palantír ou « pierre de vision » sphérique, est Saruman, un puissant magicien, qui initialement tourné vers les « forces du bien » devient peu à peu le serviteur de Sauron, le Seigneur des ténèbres. Pendant de nombreuses années Saruman utilisa sa « pierre de vision » mais il se retrouva progressivement piégé et corrompu par Sauron et il succomba à la tentation de s’approprier l’un des Anneaux de Pouvoir.

 

 

4) Peter Thiel et l’Antéchrist.

 

Mais palantír ce n’est pas seulement un « outil de communication » conçu et fabriqué par les Elfes sages et initiés du Seigneur des Anneaux qui sont, remarquons-le, des êtres avancés spirituellement, c’est aussi une entreprise de la Big Tech dont l’un des fondateurs est le « sulfureux » Peter Thiel, grand fan de J.R.R. Tolkien par ailleurs. Et ce n’est certainement pas un hasard si Peter a donné le nom de palantír à son entreprise. 

 

Un détail doit être signalé et il a son importance : l’un de ceux qui utilisent un palantír dans l’œuvre de J. R. R. Tolkien est Saruman, un Mage et un puissant magicien, qui initialement représentant des « forces du bien » devient peu à peu le serviteur de Sauron, le Seigneur des ténèbres. En effet, pendant de nombreuses années Saruman utilisa sa « pierre de vision » et se retrouva progressivement piégé et corrompu par Sauron. Il succomba finalement à la tentation de s’approprier l’un des Anneaux de Pouvoir et devint un « mage noir ». 

 

Comme la « pierre de vision » du Seigneur des Anneaux, l’entreprise Palantír Technologies permet de « voir loin », surveille les individus et les nations, dévoile les plans de ceux qu’elle considère comme ses éventuels « ennemis », et contrôle l’information au niveau mondial.

 

 

Ci-dessus : Peter Thiel est la figure de la Big Tech la plus influente et la plus importante aux Etats-Unis, bien plus qu’Elon Musk, même s’il est beaucoup moins riche que lui. Après avoir bâti sa fortune en tant que cofondateur de PayPal, il a investi dans Facebook, dont il fut le premier investisseur extérieur, ainsi que dans SpaceX, OpenAI et d’autres entreprises de la Tech via sa société d’investissement, Founders Fund. Il est cofondateur de Palantir qui a décroché des contrats gouvernementaux de plusieurs milliards de dollars pour la création de logiciels destinés au Pentagone, à l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et au NHS (National Health Service) britannique. Aujourd’hui, bénéficiant d’une notoriété et d’une influence politique sans précédent, le milliardaire diffuse son message sur l’Antéchrist et l’Armageddon. 

 

 

Certaines questions mérites alors d’être posées : Peter Thiel, l’un des créateurs de Palantír Technologies, ne serait-il pas devenu le serviteur de Sauron, une figure du diable et de l’enfer ? Palantír Technologies ne serait-elle pas devenue l’œil de Sauron – « l’œil qui voit tout » – qui surveille le monde, c’est-à-dire une entreprise proprement « démoniaque » et « satanique » ? Si nous prenons Gotham par exemple, l’un des deux principaux logiciels 5 commercialisés par Palantír Technologies, son fonctionnement est simple sur le papier, mais terrifiant en pratique. 

 

Imaginez un « aspirateur » géant capable d’ingérer n’importe quel type de données : images satellites, déplacements des individus et des véhicules, fiches de police, rapports d’interrogatoires de police, mails privés, fichiers textes, publications et conversations sur les réseaux sociaux, renseignements fiscaux, dossiers de santé, plaques d’immatriculation, relevés bancaires, etc. Gotham est capable de fusionner toutes ces informations pour créer une sorte de « jumeau numérique » du monde réel et s’en servir pour vous surveiller, vous espionner, et même vous traquer si vous êtes considérés comme un individu « suspect ». Le logiciel permet de naviguer dans des masses monstrueuses de données privées avec une fluidité déconcertante.

 


Par ailleurs, ce n’est peut-être pas sans raison que Peter Thiel entretien l’ambiguïté lorsqu’il donne des conférences à San Francisco (du 15 septembre au 6 octobre 2025) sur le thème de l’Antéchrist aussi désigné par le « 666 » 6 (la « Bête de l’Apocalypse »), et l’imminence de l’Armageddon 7. Depuis des années, l’Antéchrist et la fin du monde sont des thèmes qui obsèdent Peter Thiel. Au point où l’on se demande s’il ne serait pas justement l’un des acteurs de cette « apocalypse programmée » qu’il appellerait de ses vœux ? 

 

Mais l’« apocalypse programmée » de Thiel n’est pas une « fin du monde » catastrophique et cataclysmique comme celle qui est décrite dans la Bible. Ce n’est pas un chaos terminal et final où tout est réduit en cendre, mais c’est plutôt une sorte d’« apocalypse graduelle » conçue comme une refonte totale et progressive de la civilisation humaine (de l’intérieur) et l’avènement d’un Nouvel Ordre Mondial basé sur la toute puissance des technologies numériques et de l’IA. Mais, curieusement, au lieu d’être orchestrée et suscitée par l’Antéchrist, comme il est dit dans les Ecritures, l’« apocalypse graduelle » de Peter Thiel serait l’ennemi de cet Antéchrist pressé. 

 

Notons que l’ambiguïté que Thiel laisse planer sur la figure de l’Antéchrist et le « timing » de l’Apocalypse est caractéristique de ces idéologues de la Tech qui utilisent les différents courants idéologiques de l’extrême droite comme des sortes de « morceaux de code » qu’ils tentent ensuite d’assembler pour faire un « programme » politique complet. Au final, le résultat est plutôt embrouillé pour ne pas dire fumeux. 

 

Pour Peter Thiel, l’Antéchrist est un imposteur qui chercherait à s’emparer du pouvoir sous le couvert d’un message de « paix » et de « sécurité ». Il utiliserait la peur du changement climatique, la peur de l’Intelligence Artificielle et de la troisième guerre mondiale pour promouvoir l’avènement d’un « gouvernement mondial » qui est la hantise des libertariens et des techno-fascistes hostiles à toute réglementation étatique. 

 

Dans ses interventions, le terme « Antéchrist » est synonyme d’« État mondial », et il estime que les instances internationales comme les Nations Unies et la Cour pénale internationale (CPI), précipitent l’avènement de l’Armageddon (la bataille finale).

 


Dans ses conférences de San Francisco, Peter Thiel examine et propose des candidats possibles qui seraient capables de « jouer » le rôle de l’Antéchrist aujourd’hui. Il pourrait s’agir de la militante écologiste, Greta Thunberg, qui est une « bonne candidate » pour être l’Antéchrist selon lui. Il cite d’autres noms comme Eliezer Yudkowsky qui pense que le développement de l’IA pourrait signer la fin de l’humanité, Nick Bostrom, qui dans son livre Superintelligence : chemins, dangers, stratégies (Oxford University Press, 2016), expose les risques existenciels liés à l’apparition d’une superintelligence, ou encore Bill Gates, le « philanthrope » et cofondateur de Microsoft, qui figure en bonne place sur la liste des personnes que Thiel n’apprécie pas et qui pourraient être l’Antéchrist. 

 

Voici d'ailleurs ce qu’il disait de Bill Gates lors de l’une de ses conférences : « Un de mes amis me disait que je ne devais pas laisser passer l’occasion de dire à ces gens de San Francisco que Bill Gates est l’Antéchrist. Je reconnais qu’il est un personnage à la Dr Jekyll et Mr Hyde. Le Monsieur Rogers du public, le gentil garçon du quartier. J’ai vu la version Mr Hyde il y a environ un an : c’était un déchaînement incessant, un véritable syndrome de Gilles de La Tourette, des cris d’insultes, presque incompréhensible. » Mais plus loin il se ravise : « Je ne pense pas que quelqu’un comme Bill Gates, que je considère comme une personne absolument horrible, puisse être l’Antéchrist. » Peter Thiel pense que l’Antéchrist pourrait être à l’origine de l’Armageddon, la bataille finale.

 

Pour Thiel, la figure biblique de l’Antéchrist ne correspond pas à celle d’un génie maléfique de la Tech, mais plutôt à quelqu’un qui mettrait sans cesse en garde contre les menaces existentielles posées par l’IA et qui réclamerait une réglementation stricte de tous les secteurs innovants. Il n’hésite pas à dire qu’au « XXIe siècle, l’Antéchrist est un luddite 8 qui veut arrêter toute science », faisant référence au mouvement luddite, c'est-à-dire aux révoltes anti-technologique du début XIXe qui sabotaient les métiers à tisser en Angleterre, prélude de la révolution industrielle.

 

Pour le milliardaire, cofondateur de la plus puissante société de captage et d’analyse de données en temps réel, les régulations financières actuelles sont les signes incontestables qu’un gouvernement mondial est en train de se mettre en place et qu’il pourrait être dirigé par une figure « démoniaque » comme celle de l’Antéchrist. 

 

Pour Peter Thiel, et pour de nombreux idéologues proches de Trump, derrière la révolution de l’IA, ce n’est rien de moins que le salut de l’humanité qui se joue et tous ceux qui tenteraient d’entraver cette révolution seraient des dévots du « diable ». En cela, il s’inspire  d’un large éventail de penseurs religieux, parmi lesquels le théoricien du « désir mimétique », René Girard (1923-2015), qu’il a connu à l’université de Stanford, et le juriste nazi Carl Schmitt, dont l’œuvre, selon lui, a contribué à forger le cœur de ses propres convictions. 

 

Thiel affirme sans sourciller que les institutions financières internationales qui entravent la dissimulation du patrimoine des milliardaires dans les paradis fiscaux, sont un signe que l’Antéchrist est en train d’accroître son pouvoir et d’accélérer l’Armageddon, car selon ses propres termes : « Il est devenu très difficile aujourd’hui de cacher son argent  » ! Il pense sérieusement que les milliardaires « vertueux » de la Tech sont les victimes d’un Antéchrist pointilleux qui respecte trop les règles et qui les empêchent de dissimuler au fisc leurs richesses « honnêtement » acquises. Les déclarations de Thiel prêteraient à sourire si elles ne dissimulaient pas un cynisme monstrueux.

 

 

5) Démocratie, milliardaires et ingénierie sociale.

 

Il suffit de voir comment se déroulent les élections aux Etats-Unis, pays cité comment étant le modèle de la démocratie dans le monde, pour aussitôt comprendre que le pouvoir du peuple (la démocratie) n’est qu’une pure illusion. 

 

Dans ce pays, la règle est que le candidat qui dépense le plus de dollars pour sa campagne est celui qui a le plus de chances de remporter l’élection. Les candidats à l’élection présidentielle par exemple consacrent plus de temps (plus de 70% dans certains cas) pour réunir les fonds nécessaires à leur campagne qu’ils ne passent de temps auprès de leurs électeurs. Depuis quinze ans, les fonds nécessaires au financement des campagnes des candidas se sont envolés. En 2008, Barack Obama avait déjà fait exploser les budgets alloués aux candidats avec une campagne chiffrée à plus de 750 millions de dollars, uniquement construite sur fonds privés. La présidentielle de 2020, qui avait couronné le « démocrate » Joe Biden contre le sortant Donald Trump, a battu tous les records avec un total, tous candidats confondus, de plus de 10 milliards de dollars. En 2024, le coût de la campagne des candidats qui précéda les élections est estimé à 16 milliards de dollars. 

 

Une conclusion s’impose : seuls les ultra-riches peuvent financer une campagne électorale aux Etats-Unis !

 

 

Les agences spécialisées dans la communication et le marketing se sont rapidement développées dans la seconde moitié du XXe siècle. Elles utilisent aujourd’hui des outils statistiques très sophistiqués pour analyser les tendances de l’opinion publique en se basant sur des sondages. Elles proposent ensuite des conseils en stratégie de communication pour leurs clients qui peuvent être des entreprises ou des hommes politiques. Avec le développement des médias audiovisuels, il est devenu nécessaire de fabriquer une « image » et un « avatar » numérique, qui peuvent être très éloignés de la personnalité réelle du candidat qui se présente à une élection présidentielle par exemple. 

 

L’image publique numérique artificielle devient ainsi l’élément central d’une stratégie de communication des politiciens. Ainsi le peuple n’a accès qu’à une représentation médiatique (une « image ») créée de toutes pièces par des spécialistes en communication. Une bataille d’« images » se déroule donc sous nos yeux en permanence lors d’une campagne électorale. Dans ce contexte, les citoyens des prétendues « démocraties » sont plutôt mal armés pour percer à jour ce « théâtre d’ombres » sans consistance et la majorité des individus se contente de regarder passivement cette politique-spectacle sans toujours bien comprendre les programmes des candidats et ce qu’ils feront pour eux lorsqu’ils seront au pouvoir.

 

La démocratie ne serait-elle qu'une pure illusion ? 

 


6) Les big data au service d’une « techno-dictature ».

 

Ce n’est pas pour rien que nous assistons à une montée des « populismes » (terme formé du radical latin « populus » qui signifie « peuple », et du suffixe « isme ») qui sont des variantes de l’« idée démocratique », mais fondamentalement perverses et dévoyées quant à leurs méthodes et leurs objectifs réels. En effet, le populisme est une instrumentalisation de l’opinion du peuple par des partis et des personnalités politiques qui prétendent être les porte-paroles de ce même peuple alors qu’ils appartiennent le plus souvent aux « élites » politiques et financières. Le cas du milliardaire Donald Trump par exemple, est un « cas d’école » si je puis dire (sa fortune, en 2024, est estimée à 4,3 milliards de dollars). 

 

Nous voyons, et pas seulement en Occident d’ailleurs mais aussi en Chine par exemple, l’union improbable entre le populisme (le communisme en Chine) d’un côté, et les méthodes d’une techno-dictature au service d’une « élite » qui méprise le peuple, d’un autre côté. 

 

Etrange « couple » en vérité qui a créé une sorte d’« hydre à deux têtes » dont les modes d’actions reposent sur le mensonge et la manipulation. Pour cette « hydre », le peuple n’est qu’une « masse informe » et malléable dont les mouvements (révoltes, grèves, destructions de biens publiques, votes aux élections, etc.) peuvent être guidés que par des experts en communication et par des spécialistes de l’ingénierie sociale qui sont les « gourous » des temps modernes. Ce n’est pas le peuple qui déciderait de qui serait élu, mais ce seraient les « gourous de la communication » qui manipulent ce peuple. 

 

Le constat est alarmant : le populisme peut se transformer en fascisme !

 

 

Les principes de base du populisme sont assez simples dans le fond : faire entendre la voix du « peuple » considéré comme une entité à part entière unie et solidaire (le peuple-Un), et cette voix du peuple-Un s’oppose (en apparence) aux « élites » considérées comme corrompues et dépravées. Dans le populisme, seul le peuple serait souverain, du moins c’est ce que cherchent à faire croire les leaders politiques à la tête des partis populistes. 

 

Aujourd’hui, on parle même de « techno-populisme », c’est-à-dire d’une forme de populisme qui est exploitée par des professionnels du marketing électronique et autres experts en big data qui maîtrisent les algorithmes et les logiciels analysant les flux des réseaux sociaux. 

 

Qu’il soit de gauche ou de droite, le populisme dissimule toujours une forme de dictature politique car il est toujours situé aux extrêmes des tendances du « spectre » politique. Les partis d’extrême droite par exemple sont populistes dans leur dimension identitaire. Ils rejettent tout ce qui irait à l’encontre des intérêts du peuple au sens large et de tout ce qui viendrait de l’extérieur. Dans le cas des partis de gauche, la perspective est plutôt marxiste. C’est-à-dire qu’elle oppose les classes laborieuses aux « élites » capitalistes.

 

 

 
Ci-dessus : L’étrange poignée de main entre Peter Thiel et Donald Trump lors d’une rencontre, le 14 décembre 2016, dans la Trump Tower avec les figures marquantes de la Big Tech (source : Timothy A Clary/AFP). Cette poignée de main peu conventionnelle est-elle le signe d’une sincère amitié ou le « symbole » d’une sorte de pacte diabolique entre un populisme décomplexé et une « élite » techno-fasciste ? 

 

 

Par ailleurs, n’oublions jamais que le premier à avoir systématisé la « pensée » du populisme est Hitler : un seul parti, une seul peuple, une seule race, un seul sang, désigner un ennemi responsable de tous les maux, etc. Le leader politique incarne le peuple. Il est le pays. Sa volonté à lui est donc celle de tous, et nous savons que l’idée trinitaire du « un homme, un peuple, une nation » a des racines fascistes. 

 

Le slogan « America First », abondamment utilisé par Donald Trump lors de ses campagnes aux présidentielles, a été inventé par Thomas Woodrow Wilson (1856-1924), le 28ᵉ président des États-Unis. La « formule » a été reprise par le Ku Klux Klan dans les années 20, mais « America First » est surtout connu comme le slogan et la politique étrangère défendue par l’America First Committee (Le « Comité Amérique d’abord »), organisation isolationniste fondée en septembre 1940, dont l’un des plus célèbres porte-voix était l’aviateur Charles Lindbergh, sympathisant de l’idéologie nazie. Sous couvert de pacifisme et de non-­intervention dans la Seconde Guerre mondiale contre les puissances de l’Axe, l’America First Committee a offert une tribune aux partisans de l’Allemagne nazie. Le fait que Donald Trump utilise ce slogan n’est certainement pas anodin. 

 


Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, c’est à la montée – qui semble irrésistible – des partis populistes d’extrême droite, partout en Europe et dans le monde. Il existe donc une sorte d’« internationale » des partis populistes d’extrême droite et ces derniers s’entendent sur

l’essentiel. 

 

Un exemple significatif est l’alliance entre l’homme le plus riche de la planète, Elon Musk, et le populiste Donald Trump (47e président des Etats-unis en 2025), qui est révélatrice de ce mouvement de bascule des « élites globalisées » vers l’extrême droite.

 

Cette nouvelle dynamique connaît depuis le début du XXIe siècle une évolution majeure et singulière, d’abord portée par les GAFAM, puis par les entreprises de la « galaxie Musk ». L’accélération du changement de paradigme résumé par la formule « des nations aux firmes » (du « public » vers le « tout privé »), déplace en effet le champ d’actions des dirigeants (CEO) des multinationales, qui ne se contentent plus d’être des acteurs économiques influents mais deviennent aussi des interlocuteurs directs, d’égal à égal, avec les hommes politiques élus. Le modèle proposé par Elon Musk indique que nous sommes entrés dans une nouvelle ère dans laquelle une petite poignée d’entreprises technologiques et leurs dirigeants sont en passe de devenir des acteurs centraux des relations internationales.


Comme nous l’avons souligné plus haut, le « cas » Elon Musk est particulièrement instructif en ce qui concerne les fondements idéologiques de ce que nous pouvons désormais appeler une « techno-dictature » ou un « techno-fascisme » mondial. 

 


Notons que depuis plusieurs années, Elon Musk multiplie les références à l’antisémitisme. Il a approuvé un tweet qui affirmait que les juifs « détestaient les blancs ». Il a aussi, entre autres, recommandé de regarder un documentaire révisionniste sur la Shoah. En plus de se rapprocher de Donald Trump et de la droite dure américaine, il a aussi apporté son soutien à l’extrême droite allemande très proche de la mouvance néonazie. Il est en effet intervenu lors d’un meeting du parti « Alternative pour l’Allemagne » (AfD) qui s’est déroulé à Halle dans l’Est de l’Allemagne. Lors de ce rassemblement il a dit qu’« Il est bon d’être fier de la culture allemande, des valeurs allemandes, et de ne pas les perdre dans une sorte de multiculturalisme qui dilue tout. » Il a réitéré son soutien à l’AfD, qu’il considère comme « le meilleur espoir pour l’Allemagne ». 

 

L’homme le plus riche de la planète a dénoncé un « contrôle trop fort d’une élite mondiale », a estimé que l’AfD devait « se battre, se battre, se battre », et que « L’AfD est le seul parti qui peut sauver l’Allemagne. » Nous voyons donc qu’Elon Musk a le profil idéal du techno-fasciste : il concentre à lui seul les pouvoirs technologique, politique, médiatique, économique, il « murmure » à l’oreille du président des Etats-Unis, et possède donc tous les moyens pour accélérer l’avènement d’une techno-dictature mondiale.

 

L’« apocalypse programmée » est en marche...


Daniel Robin

Mars 2026

Daniel Robin LVRST


 







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Note 1 : Un nerd est un anglicisme qui s’applique à une personne solitaire passionnée, voire obsédée, par des sujets liés aux sciences, aux technologies, et aujourd’hui à l’informatique et à l’Intelligence Artificielle. Apparu à la fin des années 1950 aux Etats-Unis et originellement péjoratif, le terme est de plus en plus envisagé comme un gage de fierté et d’appartenance à une communauté. Plus ou moins synonyme de geek, un nerd est très souvent asocial, obsessionnel, et excessivement porté sur le domaine intellectuel et spéculatif. On le décrit comme timide, étrange et même repoussant parfois. Aujourd’hui, les nerds s’organisent pour prendre le pouvoir.

 

Note 2 : Héritière du techno-solutionnisme de la Silicon Valley, l’accélérationnisme est une idéologie techno-politique radicale qui prône l’adoption des nouvelles technologies numériques sans aucune restriction. Ses partisans estiment que c’est en « accélérant » les innovations technologiques dans tous les domaines et surtout dans celui de l’Intelligence Artificielle que nous pourrons sauver l’humanité. Les milliardaires de la Big Tech comme Elon Musk, Peter Thiel ou Marc Andreessen, sont des accélérationnistes convaincus qui disposent de moyens financiers colossaux pour réaliser leurs projets. Il est intéressant de noter que l’accélérationnisme illustre parfaitement la théorie traditionnelle des quatre Ages de l’Humanité, car c’est justement à la fin du quatrième Age (l’Age de Fer ou le Kali Yuga) que le temps et les évènements sembleront s’accélérer lors d’une période qui précédera de peu la Fin des Temps.

 

Note 3 : Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet Nastasia Hadjadji, Apocalypse Nerds, Comment les techno-fascistes ont pris le pouvoir » (Editions Divergences, 2025). Nastasia Hadjadji est journaliste et chroniqueuse, spécialiste de l’économie politique du numérique. Elle collabore en presse écrite avec Le Monde, Libération, Usbek&Rica ; copilote la newsletter technocritique Synth Média et réalise des reportages pour l’émission Tracks (Arte). Elle est l’autrice de No crypto. Comment Bitcoin a envoûté la planète (2023) aux éditions Divergences. Olivier Tesquet est journaliste à la cellule enquêtes de Télérama, spécialisé depuis 15 ans dans l’impact de la technologie sur la société. Il est l’auteur de plusieurs essais, dont A la trace (Premier Parallèle, 2020), État d’urgence technologique (Premier Parallèle, 2021) et Dans la tête de Julian Assange (avec Guillaume Ledit, Actes Sud, 2020).

 

Note 4 : Contes et légendes inachevées est un recueil de J. R. R. Tolkien édité à titre posthume par son fils Christopher Tolkien en 1980. Ce recueil de textes apporte un éclairage important sur le monde du Seigneur des Anneaux et notamment sur le groupe des Mages auquel appartenaient Gandalf et Saruman.

 

Note 5 : La société Palantir Technologies vend aux entreprises et aux agences gouvernementales des licences de deux logiciels principaux : Palantir Gotham, conçu pour les forces de l’ordre et les agences gouvernementales (armée, renseignement, police), et Palantir Foundry, orienté vers les entreprises pour la gestion d’inventaires et le suivi de production.

 

Note 6 : Le « nombre de la Bête » ou « chiffre de la Bête » – « 666 » – est évoqué dans l’Apocalypse de Jean au chapitre 13, verset 18 : « Que celui qui a de l'intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six ». « 666 » est le « chiffre » de l’Antéchrist.

 

Note 7 : Armageddon vient de l’hébreu et signifie « la montagne de Meguiddo ». Ce mot se trouve uniquement dans Apocalypse de Jean (chapitre 16, verset 16) et indique le lieu central où l’Antéchrist rassemblera ses armées pour s’opposer au retour de Jésus-Christ.

 

Note 8 : Les luddites sont les membres d’un mouvement d’ouvriers du textile né en Angleterre au XIXe siècle qui s’opposaient à l’utilisation des machines dans le tissage. Face à une industrialisation généralisée de tous les secteurs de production qui menaçait leurs emplois et leur identité professionnelle, un nombre croissant de travailleurs du textile se sont tournés vers l’action directe violente. Galvanisés par leur leader, Ned Ludd, ils ont commencé à briser les machines à tisser qui, selon eux, les privaient de leur source de revenus. Le terme est devenu synonyme d’opposition et de rejet des nouvelles technologies.


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Comment les forces du mal envahissent notre monde »


Daniel Robin 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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